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Haute-Garonne
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Eau - Environnement
| 23/09/2024

Meteo France International décroche un contrat de 37 M€ avec le Koweït

De gauche à droite : Grégoire Pigeon, directeur de l'ingénierie et de l'intégration ; Patrick Bénichou, fondateur et président ; Jean-Sébastien Cases, directeur commercial et vice-président de Meteo France International (MFI)
© Laurie Correia

Meteo France International (MFI), filiale de Météo-France basée à Toulouse, signe un contrat de 37 M€ avec la direction générale de l’aviation civile (DGAC) du Koweït. Actif depuis le 1er septembre, le contrat – le deuxième plus important après celui de l’Angola, chiffré à 60 M€ – prévoit la modernisation et le renforcement global du département de météorologie koweïtien (KMD). « C’est un contrat de sept ans, dont trois d’implémentation et quatre de support », précise Jean-Sébastien Cases, directeur commercial et vice-président de MFI. La société privée – qui compte 80 M€ de contrats dans son portefeuille et prévoit 300 M€ jusqu’à 2035 – espère s’implanter davantage dans les pays du Golfe, notamment en Arabie saoudite.

Un projet autofinancé
Ce nouveau contrat au Koweït concerne le déploiement d’un système d’information pour détecter « les vents de sable, phénomène qui paralyse l’activité aéronautique et civile », précise Jean-Sébastien Cases. Objectifs : permettre une meilleure mise à l’abri de la population et soutenir les secteurs économiques météo-sensibles. Le KMD bénéficiera aussi d’un programme de formation et de transfert de compétences.
Pour ce projet, divisé en cinq lots, MFI collabore avec son sous-traitant Sterela, société haut-garonnaise spécialisée dans les solutions électroniques, mécatroniques et logicielles pour la gestion du trafic, la défense, l’aéronautique, la robotique et la météorologie, qui a remporté fin 2023 le lot observation chiffré à 18 M€. « Le projet au Koweït est autofinancé, mais dans les autres pays où nous intervenons, essentiellement émergents ou en voie de développement, nous devons identifier de nouvelles sources de financement », poursuit le dirigeant. MFI annonce travailler sur un projet de 28 M€ en Côte d’Ivoire, le premier projet intégré que l’agence française de développement (AFD) finance sur le climat.

Généraliser les systèmes d’alerte
« Notre savoir-faire est quasiment unique au monde », estime Patrick Bénichou, fondateur et président de MFI. La PME conçoit, intègre et déploie des projets et des solutions météorologiques de pointe pour les services météorologiques nationaux du monde entier tout en tenant compte des spécificités de chaque territoire. Un moyen de prédire des phénomènes qui vont s’accentuer avec le réchauffement climatique. « On estime que 20 à 30 % du PIB mondial est météo- ou climato-sensible », ajoute le dirigeant, soit 20 000 à 30 000 Md$. Il rappelle que l’ONU a lancé fin 2022 un plan de 3,1 Md$ sur cinq ans afin de généraliser les systèmes d'alerte précoce d'ici à 2027.

21 M€ de chiffre d’affaires
Depuis sa création en 2002, MFI a conduit des projets dans 116 pays – son activité hors Europe représentant plus de 95 % de son chiffre d’affaires – avec un total de 572 contrats. La société ambitionne de négocier de nouveaux grands projets en Amérique latine. Grâce à plusieurs contrats signés en 2020, MFI a doublé ses effectifs et compte actuellement 85 salariés. Elle enregistre un chiffre d’affaires de 21 M€ en 2023 et espère atteindre 30 M€ en 2026. Filiale à 100 % de Météo-France depuis le départ de l’actionnaire minoritaire Egis fin 2015, MFI indique être actuellement en réflexion sur l’évolution de son capital afin de « mettre l’ambition et la stratégie en adéquation avec les moyens ».

Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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