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Haute-Garonne
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Transports - Logistique
| 24/06/2026

Maxime Boyer (Toulouse Métropole) : « Si nous ne construisons pas les mobilités aujourd’hui, nous paierons notre immobilité demain »

© Toulouse Métropole

Vice-président de Toulouse Métropole chargé des mobilités et vice-président de Tisséo Collectivités - l'autorité organisatrice des transports en commun de l'agglomération toulousaine - Maxime Boyer défend un plan de mobilité qu’il qualifie parmi « les plus ambitieux de France ». Troisième ligne de métro, développement du ferroviaire, Réseau Express Vélo, innovations technologiques : l’élu toulousain détaille à La Lettre M les priorités de la Métropole pour accompagner sa croissance démographique et économique, alors que quelque « 500 000 déplacements quotidiens supplémentaires devraient être générés d’ici à 2030 ».

Quels seront les grands chantiers de mobilité qui marqueront ce mandat à Toulouse Métropole ?
Nous avons engagé un plan de mobilité particulièrement ambitieux pour accompagner la croissance démographique et économique de Toulouse. Les grands chantiers de ce mandat sont connus : la ligne C du métro, les bus express, le développement du ferroviaire avec le Service express régional métropolitain (Serm), mais aussi la LGV Bordeaux-Toulouse et plusieurs projets ferroviaires structurants. Nous poursuivons par ailleurs nos actions en faveur des mobilités douces. Plusieurs centaines de millions d’euros sont investis dans les infrastructures cyclables, notamment à travers le Réseau Express Vélo. Nous portons aussi une attention particulière aux piétons, car la marche reste le premier mode de déplacement. L’enjeu est double : décongestionner la métropole et décarboner les déplacements. Aujourd’hui, plus de quatre millions de déplacements sont réalisés chaque jour dans l’aire métropolitaine, dont la moitié en voiture. Avec la croissance démographique attendue, 500 000 déplacements quotidiens supplémentaires devraient être générés d’ici à 2030. Si nous ne proposons pas d’alternatives crédibles, cela se traduira par davantage de congestion. Ces investissements sont donc essentiels pour préserver l’attractivité économique et la qualité de vie du territoire. Avec plus de 4 Md€ engagés, nous faisons le choix d’investir pour l’avenir. 

Toulouse continue de gagner des habitants et des emplois. Qu’est-ce qui pourrait pénaliser son attractivité économique ?
Le principal risque serait de ne pas investir suffisamment et de laisser la ville se congestionner davantage. Une métropole paralysée par les embouteillages finit par perdre en attractivité, en qualité de vie et en performance économique. Ces projets représentent certes un coût, mais il faut les considérer comme des investissements. Si nous ne construisons pas les mobilités aujourd’hui, nous paierons notre immobilité demain.

Alors que les finances publiques sont sous pression, comment financer durablement les infrastructures dont la métropole a besoin ?
Il faut assumer des choix politiques. Jean-Luc Moudenc (président de Toulouse Métropole et maire de Toulouse, NDLR) a fait de la mobilité une priorité de ce mandat. Le financement de la troisième ligne de métro repose aujourd’hui sur un plan consolidé et sécurisé. Concernant le vélo, 250 M€ ont déjà été investis lors du précédent mandat pour développer le Réseau Express Vélo, qui comptera 22 lignes reliant de grands pôles économiques et universitaires. Nous poursuivrons aussi les investissements liés au Serm et aux futurs pôles d’échanges multimodaux, qui seront essentiels au développement du ferroviaire. Les budgets sont contraints, mais nous continuons à avancer. La véritable question est celle du coût de l’inaction. Renoncer à investir dans les mobilités aujourd’hui serait un choix mortifère pour le territoire.

De nombreuses entreprises sont implantées dans des zones encore difficiles d’accès sans voiture. Comment améliorer la desserte des grands pôles économiques ?
La desserte des bassins d’emploi a été intégrée dès l’origine à nos projets de mobilité. La ligne C constitue la colonne vertébrale de cette stratégie. Elle desservira 71 000 emplois dans le nord-ouest de l’agglomération, notamment autour du pôle aéronautique, 83 000 emplois dans le centre de Toulouse et 63 000 emplois dans le sud-est du territoire. Elle permettra notamment de relier les principaux sites d’Airbus et d’Airbus Defence and Space aux zones d’habitation. L’objectif est de connecter efficacement les grands pôles économiques aux secteurs résidentiels afin de favoriser le report vers les transports en commun et de limiter la congestion routière. Le Réseau Express Vélo participe également à cette logique. Les 22 lignes prévues desserviront les principales zones d’activité et d’emploi de la métropole, tout en offrant une alternative pour les déplacements du quotidien. Ce que nous défendons, c’est une approche globale des mobilités. Il n’y a pas d’opposition entre les automobilistes et les autres usagers. Notre objectif est d’accompagner la transition vers des mobilités plus décarbonées tout en améliorant les conditions de déplacement de chacun.

Vous êtes aussi vice-président de Tisséo Collectivités. Quels seront vos axes de travail ?
L’innovation sera l’un des grands axes de travail des prochaines années. Toulouse dispose déjà d’un écosystème économique très riche dans le domaine des mobilités, qu’il faut continuer à soutenir. Nous investissons notamment sur le campus de Toulouse-Francazal, qui accueille plusieurs acteurs innovants du secteur. Nous travaillons aussi sur des projets d’IA appliqués à la gestion des feux de circulation afin de fluidifier le trafic, ainsi que sur différentes expérimentations autour de l’électromobilité et de la décarbonation des déplacements. Un autre sujet majeur concerne la logistique urbaine. C’est un enjeu important pour les entreprises et le développement économique. Nous poursuivons le travail engagé lors du précédent mandat avec la charte de logistique urbaine, en réfléchissant notamment à la gestion intelligente du stationnement, à la logistique du dernier kilomètre et à l’optimisation des flux de marchandises.

Propos recueillis par Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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