Pyrénées-Orientales
Commerce - Artisanat
Matières premières : les prix s’emballent et pénalisent l’artisanat

Alors que la crise est encore présente dans le paysage économique, les artisans catalans dénoncent la volatilité des prix des matières premières liée aux incidences géopolitiques (Chine, Afrique du Nord) et ses conséquences sur leur activité. Pour Albert Planas, président de l’UPA 66 et président du syndicat des boulangers, « le prix du blé a doublé en moins d’un an et pourrait bientôt atteindre 300 € la tonne avec une augmentation de 100 % attendue pour 2012. Au prix du blé, il faut ajouter le service des minotiers qui ne jouent pas le jeu des fluctuations quand le prix du blé baisse. À terme, la rentabilité de nos entreprises est en jeu. » L’explication de ce phénomène, selon lui, est à mettre au compte « des spéculations avec des prix établis au niveau mondial qui sont désormais fixés à Chicago et non plus en France. » De son côté Jean-Jacques Planes, président de la fédération du bâtiment des PO, indique que « depuis 30 ans, c’est la première fois que nous subissons une augmentation sur la tonne d’acier qui va passer de 700 à 800 €. Comment expliquer à nos clients l’augmentation de la facture alors que le devis n’avait pas été impacté par l’augmentation ? » Il estime que la valeur travail disparaît au profit du produit financier : « c’est le cœur du débat aujourd’hui », selon lui. Le secteur du bâtiment est aussi impacté par la hausse du prix du ciment (+10 %) ou encore du cuivre (+ 30 %).
Bois et carburants à la hausse
« Nous sommes dépendants des bois en provenance des pays de l’Est et d’Afrique. Le marché du bois subit la forte demande de la Chine notamment avec pour conséquence un impact les stocks et sur les cours qui ont pris de + 3 à 30 % en deux ans », dénonce Robert Massuet, président du syndicat des menuisiers qui ajoute, « il faut associer la hausse du prix de l’électricité qui nous touche tous. À terme, si l’on ne maîtrise pas ces hausses, on va faire capoter l’économie. » Enfin, Philippe Corbelli, président du syndicat des taxis dénonce lui « la hausse du prix du carburant qui fragilise considérablement notre activité. » Face à une situation qui se dégrade au fil des mois, le président de la chambre de métiers, Gérard Capdet en appelle à des régulations : « Les Etats doivent sans délais mettre en place des régulations pour protéger nos entreprises. »










