Mathieu Roudié (FBTP 31) : « Nous ne demandons pas de subventions mais de la stabilité »
Pour Mathieu Roudié, président de la Fédération du BTP de la Haute-Garonne, « les incertitudes politiques de ces derniers mois se font très concrètement ressentir dans la filière ». « Avec un secteur de la construction de logements neufs collectifs plutôt atone, le coup de frein sur la rénovation énergétique et les investissements publics repoussés en attente de visibilité sur les financements, les carnets de commandes et la trésorerie des entreprises baissent, tandis que les défaillances se multiplient, déplore-t-il le 11 septembre lors du point presse de rentrée du Medef 31. Ce que nous demandons, ce ne sont ni des aides ni des subventions, mais de la visibilité et de la stabilité. Car sans confiance, on n’investit pas. »
« Les collectivités manquent de visibilité »
En 2024, 7 178 logements neufs ont été produits dans le territoire, ce qui représente une hausse annuelle de 32 %. Mais attention à l’effet trompe-l’œil, prévient Mathieu Roudié : « L’année 2023 était historiquement basse, et nous avons bénéficié l’an dernier d’une hausse de production liée à l’arrêt imminent du dispositif Pinel. Nous sommes en réalité en sous-production, 20 % sous la moyenne des dix dernières années, qui est d’environ 9 000 logements. Et cela risque de ne pas s’améliorer… Nous devrions atterrir à nouveau autour des 7 000 logements cette année, et ce sera probablement identique en 2026 et en 2027. » Par ailleurs, si le secteur du hors logement fait montre d’une certaine tenue, l’instabilité politique n’est pas sans inquiéter les professionnels. « C’est une grosse préoccupation pour les années qui viennent, confie le président de la Fédération du BTP de la Haute-Garonne. Les collectivités manquent de visibilité quant aux dotations de l’État. Par conséquent, elles repoussent, voire annulent certains investissements. » Enfin, le marché de l’entretien et de la rénovation affiche lui aussi un repli, de l’ordre de - 1,7 % au deuxième trimestre 2025, tandis que le relais théorique de croissance constitué par la rénovation énergétique n’est pas au rendez-vous, « à cause des Stop and Go permanents du Gouvernement », déplore l’élu patronal.











