Logement : réunion de crise entre les professionnels et l’État
Répondre aux difficultés d’accès au logement dans le département et relancer l’activité des entreprises du secteur. Tout l’enjeu de la réunion organisée le 29 février à Montpellier à l’initiative du président de la FFB 34 (fédération française du bâtiment de l’Hérault), Gilbert Comos, en présence du préfet du département, François-Xavier Lauch, et de plusieurs professionnels de la construction (promoteurs, bailleurs, aménageurs...). « L’objectif est de proposer des solutions à l’État afin que l’Hérault devienne un territoire de projets », résume le président de la FFB 34 en évoquant la finalité de cette réunion de crise dans un département où les mises en chantier de logements neufs ont reculé de 20 % en 2023.
Un frein au développement économique héraultais
« La situation est inédite par son ampleur. Les carnets de commande sont vides, les défaillances d’entreprises du secteur ont augmenté de 62 % l’an dernier et le contexte actuel laisse présager de nouvelles difficultés, résume Gilbert Comos. D’où la nécessité de proposer à l’État des idées concrètes, rapides à mettre en œuvre, afin de relancer l’activité. » Un message bien reçu par le préfet de l’Hérault. « J’ai été alerté à plusieurs reprises sur les difficultés rencontrées par les professionnels, explique François-Xavier Lauch en faisant part de son inquiétude. Les prix des terrains et des logements neufs se situent à des niveaux très élevés. Et les espaces à construire sont rares dans un département qui accueille chaque année 15 000 nouveaux habitants. De fait, je vois un double mur se présenter devant nous, avec d’une part des difficultés à se loger pour les classes moyennes ce qui peut représenter un frein pour le développement économique héraultais, et de l’autre la dégradation de l’état de santé des entreprises. Je suis donc à la recherche de solutions pour les faire remonter au ministère du Logement. »
Alimenter le choc de l'offre
Première piste évoquée pour relancer la production dans le neuf, débloquer une vingtaine d’opérations importantes représentant chacune un potentiel de 100 à 500 nouveaux logements. « Je vais réunir les représentants des banques pour leur demander d’accélérer leur financement et de faciliter l’accès aux crédits des particuliers. Il faut alimenter le choc de l’offre », indique le préfet de l’Hérault. À moyen et long termes, d’autres priorités sont évoquées dont l’abrogation du loyer de solidarité (RLS), le raccourcissement des délais d’instruction des recours contentieux ou l’adaptation des normes environnementales, dont la RE 2020, jugées trop contraignantes. « Je ressens également le besoin dans les communes que je visite que la profession propose de nouveaux modes de construction. Cela passe par les opérations de requalification de centres-villes, des zones pavillonnaires ou des logements littoraux », appuie François-Xavier Lauch. « Dans la métropole montpelliéraine, près de 6 500 logements neufs ne sortent pas de terre car les programmes ne sont pas finançables en l’état au regard de la hausse des coûts de construction », déplore de son côté, Céline Torrès, président du pôle habitat de la FFB Hérault et Occitanie.











