L'industrie des carrières se met au vert

Les carrières se mettent au vert. Les actions engagées tiennent en une liste à la Prévert : modernisation des installations, maîtrise des poussières, remise en état, concertation et intégration locale, valorisation optimale du gisement, prise en compte de la biodiversité, collecte des eaux de ruissellement, contrôle des consommations énergétiques, limitation des envols de poussières, gestion des déchets, réduction des émissions sonores, réaménagement concerté, optimisation des transports, sécurisation des accès, nouvelles organisations internes...
Environ 200 professionnels des industries des carrières et leurs partenaires régionaux (administrations, élus, associations, commissaires-enquêteurs…) ont constaté les progrès réalisés en matière environnementale par les exploitants de carrières, mercredi 4 juillet à Montredon-des-Corbières, à l’occasion de la réunion annuelle du comité régional de la charte Environnement des industries de carrières, créé en 2004.
En présence de Pascal Ringot, président de l’Unicem L.-R., Bruno Maestri, président du comité régional de la charte (à gauche sur la photo) et François Pétry, président de la Charte, neuf carrières de la région ont été distinguées pour avoir atteint ou confirmé le 4e et meilleur niveau de la démarche de progrès.
Trois piliers
Trois piliers sont observés par les carriers engagés dans la démarche (52 % de la production nationale, en L.-R. : 18 sur 35 sites) : référentiel de progrès environnemental (grille d’audit de 80 bonnes pratiques) ; formation, sensibilisation, information (formation dispensée en 2012 : médiation territoriale) ; la concertation et le dialogue.
« Nous sommes convaincus qu’à côté des volets économiques et sociaux, l’intégration du volet environnemental dans la gestion de nos entreprises est une des clés de notre avenir, a déclaré Pascal Ringot, président de l’Unicem L.-R. Nos matériaux ont des atouts incontestables : béton prêt à l’emploi, pierre, béton industriel… Et pour produire ces matériaux, il faudra toujours des carrières et sablières proches des lieux de consommation. Enfin, nos sites générant des espaces neufs, ils ont des potentialités écologiques. »
D’après lui, la charte est « un atout pour témoigner de notre professionnalisme auprès des élus et riverains et préparer l’avenir ».
Deux sites à l'honneur
Deux sites ont été particulièrement à l’honneur : Omya (site de Vingrau, à Tautavel, dans les P.-O., 450 000 t par an, 23 salariés, exploitation de marbre blanc) et Lafarge Granulats Sud (site de La Madeline, Villeneuve-les-Maguelone et Mireval, 2 700 000 t par an, 26 salariés, exploitation de calcaire). Efforts effectués sur le site d’Omya : fermeture du concassage et du chargement, goudronnage et arrosage quotidien via un camion-citerne de 1 500 m de pistes, intégration paysagère, végétalisation des écrans visuels… Et dialogue de tous les instants avec les élus et les riverains : « Il faut expliquer que les minéraux industriels entrent dans la fabrication des téléphones portables, des PC, explique le responsable du site. Une carrière, personne n’en veut à côté de son habitation mais tout le monde en a besoin. » À Villeneuve-les-Maguelone, la carrière qui s’étend sur 87 ha accueille désormais des matériaux inertes. Cette nouvelle activité est à la fois un service à la collectivité et une solution aux excédents de chantiers de terrassement. Un pôle recyclage des matériaux, issus de déconstructions routières et déconstructions de bâtiments, a été lancé en partenariat avec des entreprises de BTP. 115 000 tonnes de produits recyclés ont été commercialisées en 2010-2011 (5 % des tonnes vendues). L’objectif est d’atteindre 100 000 t/an, même si « nous sommes encore confrontés à une réticence de certains donneurs d’ordre, qui préfèrent les matériaux naturels », indique l’exploitant.
Les autres lauréats
Les sept autres sites récompensés ce mercredi matin : Lafarge Granulats Sud (site de Baixas, P.-O., exploitation de calcaire, 800 000 t/an, 12 salariés), Domitia Granulats (Montredon-des-Corbières, Aude, exploitation de calcaire, 350 000 T/an, 9 salariés), Lazard SAS (site d’Aigues-Vives, Gard, exploitation alluvionnaire, 400 000 t/an, 13 salariés), Castille (Galiberte à Béziers, calcaire, 490 000 T/an, et recyclage 50 000 t/an, 12 salariés ; Thézan-les-Béziers, exploitation alluvionnaire, 400 000 t/an, 15 salariés), Groupe Eiffage TP pôle carrières Méditerranée (site de Saint-Thibéry-Bessan, Les Roches Bleues, 750 000 t/an, 33 salariés, basalte), Roussillon Agrégats (site de Riutès, Latour de Carol, P.-O., exploitation de granite et cornéenne, 170 000 t/an).
« Ces efforts humains et financiers réalisés par les carriers sont trop méconnus du public, a conclu Gilles Foxonet, maire de Baixas. Ils ont encore l’image d’industriels qui leur colle à la peau. Il est important de relayer ce qui est réalisé. Les carrières sont un vecteur de l’économie, elles dessinent l’environnement de demain, aux côtés des collectivités. »










