Les professionnels du BTP inquiets pour l’avenir
Interrogées par la Cerc Occitanie (Cellule économique régionale de la construction) sur leur bilan d’activité 2020 et leurs perspectives 2021, les principales organisations professionnelles du BTP pointent les inquiétudes des 73 000 entreprises de la filière et de leurs 120 000 salariés et 12 000 intérimaires. Si la FRTP Méditerranée (ex-LR, président : Olivier Giorgiucci) anticipe une reprise de l’activité des travaux publics en 2021, elle la conditionne toutefois à une reprise des appels d’offres. « Les mesures du plan de relance et les investissements des collectivités devraient soutenir la commande publique. Notre préoccupation, c’est le temps, explique la fédération. Actuellement, une partie des entreprises font appel à l’activité partielle. Si les consultations de travaux des collectivités n’augmentent pas rapidement, la sous-activité peut se poursuivre au premier semestre car, entre la parution d’un appel d’offre et le début des travaux, il s’écoule en moyenne six mois. »
Commande publique atone
« La demande des collectivités semble encore passablement atone et nous travaillons avec l’association des maires de l’Hérault à améliorer la communication des besoins auprès des artisans », renchérit la confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment de l’Hérault (Capeb 34, président : Jean-Pierre Garcia) qui évoque pourtant des perspectives bien orientées depuis le début de l’année sur le marché des travaux d’entretien et de rénovation notamment énergétique, dynamisée par les mesures du plan de relance et le dispositif MaPrim’Renov. « Il faudrait déjà libérer la commande publique pour réveiller l’inertie qui pèse sur ce segment d’activité et qui risque de se reporter dans un second temps sur le second œuvre et la commande privée », insiste la fédération héraultaise du bâtiment (FFB 34, président : Thierry Ducros).
Des attentes pour le neuf
Si la FFB 34 constate un bon niveau d’activité depuis le début de l’année avec des carnets de commandes « fournis jusqu’à l’été », la tendance du deuxième semestre est tout autre : « les inquiétudes sont particulièrement fortes sur le marché de la construction neuve, compte tenu de la baisse des permis de construire déjà observée avant la crise et de l’atonie de la commande publique ». Une vision partagée par la Capeb 34 pour qui le marché de la construction neuve est « très tendu et ne redécolle pas ». « Une fois les retards sur les chantiers rattrapés, le trou d’air est à craindre alors que la baisse des permis de construire se poursuit. Les professionnels de la filière amont (géomètres, architectes, NDLR) confirment la faible dynamique des projets d’études », soulève aussi l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction Méditerranée (Unicem, président : Emmanuel Faure). Une tension ravivée sur les prix, un fléchissement de confiance des investisseurs mais aussi le remboursement du PGE pèsent également sur les perspectives des entreprises.










