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Région Occitanie
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Conjoncture
| 18/09/2025

Les entreprises régionales toujours « dans une grande incertitude », selon la Banque de France

© CCO - Pixabay - visuel d'illustration

« Nous voyons beaucoup de prudence et d’attentisme chez les chefs d’entreprise, qui sont dans une grande incertitude », confie le 18 septembre Christine Bardinet, directrice régionale Occitanie de la Banque de France, lors de la présentation de l’actualisation à mi-année de l’enquête « Les entreprises en Occitanie - Bilan 2024 et Perspectives 2025 ». Au cours des huit derniers mois, la situation a été vécue de façon contrastée en fonction des secteurs. Si l’industrie – portée par l’aéronautique – demeure globalement « résiliente », les courants d’affaires des services marchands « marquent le pas », entraînant des tensions de trésorerie. Quant au BTP, il affiche une faible croissance, marquée là encore par un manque de visibilité.

Après une année 2024 résiliente…
Sur la base de l’étude des bilans comptables de plus de 17 000 entreprises régionales rassemblant quelque 460 000 salariés et représentant 110 Md€ de chiffre d’affaires, la Banque de France a pu constater qu’en 2024, « les chiffres d’affaires et les effectifs ont continué de croître mais à un rythme moins soutenu, sauf pour le secteur de la construction, qui affiche un recul », indique Vincent Foussal, responsable du service des études Occitanie. De même, les rentabilités ont été « globalement préservées ».

… 2025 est teintée d’incertitudes
À date, en ce qui concerne les huit premiers mois de l’année 2025, le climat économique régional demeure teinté d’incertitude. Dans l’industrie, « l’activité reste dans l’ensemble résiliente, en grande partie grâce à l’aéronautique, constate Vincent FoussalLes chefs d’entreprise, en quête de gains de productivité, ont cependant réduit leurs effectifs intérimaires. » Par ailleurs, les trésoreries, dégradées en début d’année, « se sont équilibrées malgré des tensions ponctuelles, notamment chez les équipementiers électriques et dans l’industrie automobile ». Dans le champ des services marchands, la situation est plus difficile. « Après un second semestre 2024 relativement dynamique, les courants d’affaires ont marqué le pas depuis le début de l’année, entraînant des tensions sur les trésoreries, qui sont désormais jugées insuffisantes », constate Vincent Foussal, qui fait par ailleurs état d’« un tassement » des effectifs. Enfin, dans le bâtiment, l’activité est « en légère croissance, dans un environnement où les projets sont désormais de taille plus modeste », tandis qu’après un début d’année difficile, l’activité des travaux publics a retrouvé elle aussi « une légère croissance grâce aux grands projets régionaux » tels que la LGV Bordeaux-Toulouse, l’autoroute A69 ou la ligne C du métro toulousain.

D’autres indicateurs sont observés de près par la Banque de France, à l’image du financement bancaire aux entreprises régionales qui, s’il a légèrement progressé sur un an (+ 1,9 %), accuse une petite baisse (- 0,5 %) depuis le début de l’année. Par ailleurs, la croissance annuelle des défaillances d’entreprise ralentit dans le territoire, même si elle demeure « encore élevée ». « Et en parallèle, insiste Christine Bardinetles créations d’entreprise restent dynamiques : 53 000 depuis le début de l’année. »

La prudence reste de mise
Concernant les derniers mois de 2025, les chefs d’entreprise régionaux interrogés restent prudents compte tenu de leur manque de visibilité. Dans l’industrie, leurs perspectives initiales – relativement optimistes (+ 4,3 % de chiffre d’affaires) – sont « plutôt revues à la baisse », constate Vincent Foussal, qui note également « un solde d’opinion passé de positif à négatif » en ce qui concerne les perspectives de rentabilité d’exploitation. Dans les services marchands, « nous n’atteindrons probablement pas les projections de début d’année (+ 5,2 % de CA) mais cela devrait rester dans le positif », estime l'analyste, précisant que 59 % des dirigeants sondés déclarent une stabilité de leur rentabilité d’exploitation par rapport à 2024, 19 % une amélioration et 22 % une dégradation. Enfin, dans le BTP, les perspectives atones en termes de progression des chiffres d’affaires devraient se confirmer sur l’ensemble de l’année, de même que la stabilité de la rentabilité d’exploitation.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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