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Agri - Agro
| 4/07/2017

Les destins liés de Port-La-Nouvelle et de la filière céréale

A Port-La-Nouvelle, l’activité portuaire (300 emplois directs, 800 emplois indirects) pour les céréales bat son plein. Du port audois sont exportées chaque année 450.000 t de céréales et importées 80.000 tonnes d’engrais. Port-La-Nouvelle est le 1er port français pour l’exportation de blé dur avec 52 % des exportations françaises. La concurrence avec les autres ports français, la Rochelle en tête, est pourtant rude. « Le différentiel de prix est de 8€ en raison d’un fret maritime au plus bas à cause du prix du pétrole, bas lui aussi », indique Hervé Cifaï, directeur des Silos du Sud (groupe Axéréal). Même les bateaux en provenance du Canada ou du Mexique sont plus compétitifs que ceux de Port-La-Nouvelle. « En raison du manque de tirant d’eau, Port-la-Nouvelle n’est structurellement pas en capacité d’exporter sur des bateaux d’une capacité de plus de 10.000 t. Le Mexique, le Canada, le Venezuela envoient des bateaux de 65.000 t. Le prix de revient est alors de 10€/t outre-atlantique quand il atteint les 12 à 14€ côté audois », résume le directeur. Cette incapacité à accueillir des navires de plus grande taille handicape également les opérateurs pour répondre aux marchés, souvent étatiques, des pays du Maghreb. Ces derniers inscrivent souvent dans leur cahier des charges des volumes minimums, souvent 20.000 t, et donc des pénalités lorsque que les opérateurs venant de Port-La-Nouvelle arrivent avec deux bateaux pour atteindre le volume exigé.

Marchés prometteurs pour le blé dur

Avec 4,8 M tonnes de céréales produites chaque année, l’Occitanie caracole en tête au niveau national pour sa production de blé dur (692.000 t) et de semences de blé dur, de maïs à pop corn (1,6 Mt), sur l’ouest de la région, et de sorgho (129.100 t). La production de blé tendre s’élève à 1,6 Mt, 488.000 t pour l’orge et 1.350 t de riz (2e). « La compétitivité du blé dur est importante pour l’agriculteur car il est plus rémunérateur que le blé tendre », explique Jean-François Gleizes. Le blé dur se vend 58€ plus cher en moyenne que le blé tendre. Après avoir perdu des surfaces, les volumes se stabilisent. C’est à partir du blé dur que l’on produit les pâtes et la semoule, alimentation de base de pays méditerranéens comme l’Italie ou de la région du Maghreb. « L’Italie est un marché de blé dur et constitue un réel débouché de proximité pour la France, affirme Jean-François Gleizes. Les Italiens importent chaque année de 2 à 2,5 M t. 250.000 tonnes de blé dur partent depuis Port-La-Nouvelle. Pour Silos du Sud, cela représente la moitié de son activité. La coopérative Cascap (50.000 t par an dont 35.000 t de céréales, 180 adhérents, 17 M€ de CA) dans le Gers exporte plus de la moitié de sa production, notamment son blé tendre en Espagne. La récolte 2017-2018 s’annonce de bonne qualité. La région sort de 3-4 campagnes difficiles « où les prix ont été très bas: 170€/t pour le blé dur et 120€/t pour le blé tendre. Aujourd'hui nous sommes à 218€/t pour le blé dur et 160€/t pour le blé tendre », indique Jean-François Gleizes, président du comité régional des céréales.

Agrandissement de Port-la-Nouvelle

« L’infrastructure portuaire de Port-La-Nouvelle est capitale pour nous, poursuit Jean-François Gleizes. Les céréales représentent 35 % de l’activité du port. Dès lors, son agrandissement est « vital » aux yeux des professionnels de la filière. « Si demain, le port n’est pas agrandit, nous sommes morts », confirme le directeur de Silos du Sud. Fin octobre, Silos du Sud réceptionnera son 2e portique de chargement de vrac qui a été entièrement revu et refait au prix d’un investissement de 3,5 M€. « Le problème est que les ports destinataires de nos exportations ont été agrandis mais nous, non », explique Gaétan Guilloux, directeur du port. D’où la nécessité pour les acteurs de la filière d’investir sur le port comme la Région l’a évoqué. 280 M€ devraient être injectés avec la construction d’un avant port qui permettrait aux plus gros bateaux d’accoster. Doté d’une digue de 2 km et d’une autre de 600 m, le port s’agrandirait de 40 ha supplémentaires, avec 80 autres ha aménageables. « En deux ans, cela peut être fait », estime le directeur des Silos du Sud. La Région fait des enquêtes publiques. Carole Delga a annoncé le premier coup de pioche en 2018. »

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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