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Région Occitanie
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Aménagement - Urbanisme / Eau - Environnement
| 6/06/2023

Les défis des petites villes pour rééquilibrer les territoires

Le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu , intervenait lors des 25e Assises des petites villes de France.
© APVF

Mobilité, transition énergétique, sobriété foncière... Les sujets de débat n’ont pas manqué au cours des 25e Assises des petites villes de France (APVF) qui se sont tenues les 1er et 2 juin à Millau (12). La manifestation, organisée chaque année par l’association qui fédère 1 200 communes de 2 500 à 25 000 habitants, a accueilli 400 édiles dans la sous-préfecture de l’Aveyron.

Point de jonction

« Il s’agit pour nos petites villes de relever des défis pour faire face au réchauffement climatique, à la mobilité douce et au ferroviaire. Cela concerne également les approvisionnements bio à la cantine et le verdissement de nos centres-villes. Mais aussi les énergies renouvelables et la sobriété foncière », résume Emmanuelle Gazel, maire de Millau et présidente de la communauté de communes Millau Grands Causses. Considérant les petites villes comme « le point de jonction entre villages et métropoles », elle enjoint la puissance publique au dialogue. « Par ses politiques, l’État peut soutenir nos initiatives et favoriser le rééquilibrage territorial nécessaire à l’atténuation des disparités géographiques. »

« Bombe sociale »

Et les chantiers sont légion : zéro artificialisation nette (Zan) ou financement de la transition écologique et des mobilités. Et ce sur fond de crise démocratique. « Beaucoup de maires sont au bord de la crise de nerfs. Désormais à mi-mandat, ils ignorent s’ils vont pouvoir concrétiser les projets promis en 2020 », s’inquiète le président de l’APVF Christophe Bouillon. Selon l’élu, les petites municipalités doivent être fortement soutenues par l’État. « Il va falloir des investissements conséquents fléchés vers la transition écologique. 13 Md€ par an seront nécessaires si l’on veut apporter la bonne contribution aux collectivités sur le sujet. » Le représentant de l’APVF revient aussi sur la question du logement et prône la remobilisation. « Il s’agit d’une véritable bombe sociale. D’après les récentes estimations de la Fédération française du bâtiment, près de 100 000 emplois seraient menacés s’il n’y a pas une relance rapide de la construction. » Avec l’ambition de stopper le phénomène d’« hypermétropolisation » et d’étalement urbain, la présidente de Région Occitanie Carole Delga estime pour sa part qu’un effort supplémentaire doit être effectué : « Nous devons produire plus de logements dans les petites villes et nous montrer plus offensifs dans la réhabilitation du bâti. »

La mise en œuvre du Zan bientôt à l’Assemblée

Autre temps fort de ces 25e Assises, l’intervention de Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Le représentant du Gouvernement annonce ainsi aux membres de l’APVF que le texte visant à faciliter la mise en œuvre du Zan sera examiné le 21 juin à l’Assemblée nationale. « Un chemin est en train de se dessiner pour faire en sorte qu’on ait un dispositif complet applicable, avec loi et décret. Idéalement à la mi-juillet. » Les députés discuteront notamment de la surface minimale artificialisable demandée par les communes rurales et des grands projets d’envergure nationale à l’image des infrastructures de transport. Interpellé par Carole Delga sur le sujet, évoquant les initiatives « d’Airbus mais aussi de Gigafactory d’électrolyseurs produisant de l’hydrogène », Christophe Béchu précise que ces projets structurants seront comptés à part, « mais comptés tout de même ». Le ministre rappelle par ailleurs la forte accélération de l’artificialisation des sols ces dernières décennies. « En 50 ans, on a autant artificialisé qu’en 500 ans. Depuis dix ans, 52 % de l’artificialisation a été réalisée pour du résidentiel. Soit huit logements par hectare en moyenne. Les projets industriels ne représentent que 4,6 %. »

La pérennisation du Fonds vert sur la table

Sur le sujet du logement et de la sobriété foncière, Christophe Béchu renvoie aux prochains résultats du Conseil national de la refondation, présentés le 5 juin. Tout en concédant que « le sujet n’est pas de sauver les promoteurs. L’écart demeure encore trop grand entre le lancement de chantiers et la demande. Il y a en France 1,5 M de logements vacants. Il faut se saisir du sujet de la rénovation et soutenir les maires bâtisseurs. » Selon le ministre, la transition écologique « passera nécessairement par les territoires ». Il évoque comme piste de travail la pérennisation du Fonds vert, qui a fait l’objet de « 2 Md€ de subventions pour 4,2 Md€ de projets et 12 116 demandes. Pérenniser le Fonds vert, c’est faire confiance aux territoires sans recourir aux appels à manifestation d’intérêt ni aux appels à projets. »

Mickaël Deneux / deneux@lalettrem.net
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