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Pratique
| | 24/10/2023

Les clés pour réussir sa transmission d’entreprise

© Pixabay

Transmettre est une opération aussi complexe que vitale pour la pérennité de son entreprise. Plusieurs clés sont proposées à destination des cédants et des repreneurs afin de limiter les risques d’échec et de vivre la transmission le plus sereinement possible. Le point avec Audrey Missonier, professeure associée à MBS*, Grande École de management et organisme de formation et de conseil aux entreprises.

Anticiper et planifier. Pour le dirigeant, la préparation à la transmission représente un moment clé pour dresser un bilan réaliste de ce qu’il souhaite. Plusieurs questions se posent : Est-ce que je souhaite gagner le plus d’argent possible, que l’entreprise reste la propriété de la famille ? Conserver les emplois ? Garder le contrôle et ne céder qu’une partie ? À qui transmettre ? Mes enfants ? Les salariés ? Une tierce personne ? Il est important de commencer à parler tôt de la transmission pour sonder les personnes intéressées.
Si vous avez l’intention de transmettre aux enfants, communiquez régulièrement avec eux, y compris avec ceux dont vous pensez qu’ils ne reprendront pas. L’objectif est de permettre à chacun d’exprimer son envie de reprendre. Parallèlement, il est conseillé de faire appel à un expert-comptable pour évaluer la juste valeur financière de votre entreprise. Profitez de cette étape pour dresser un diagnostic complet stratégique, financier et juridique. C’est aussi le moment d’identifier les bons accompagnants qui vous guideront : fiscalistes, avocats, cabinets de conseil…

Préparer le futur repreneur. L’entrée du repreneur dans l’entreprise est une étape critique : le risque d’échec est particulièrement présent, avec le rejet par les équipes du repreneur en tant que nouveau dirigeant. Le cédant doit accompagner le futur repreneur avec confiance et respect commun. Il est possible de salarier le futur repreneur pendant un temps. Il est conseillé au repreneur d’intégrer « en douceur » l’entreprise : écouter le cédant et les équipes, comprendre l’entreprise et sa culture, accompagner le changement et se faire accepter. Parallèlement, il doit conduire vite les grands objectifs pour assurer la croissance de l’entreprise. S’il est fondamental de prévoir l’entrée progressive du repreneur, il est tout aussi important d’envisager le programme de retrait du prédécesseur.

Être prêt à se désengager. Les aspects psychologiques et affectifs sont prégnants et souvent non conscients ou sous-estimés. Un attachement affectif et moral fort s’est construit entre le dirigeant et son entreprise. Faire le « deuil » de son entreprise, accepter d’« être mis de côté » sont des étapes importantes et parfois douloureuses pour se désengager. Dans le cas contraire, un sentiment ambivalent (transmettre et vouloir rester maître, par exemple) et d’insécurité peut provoquer des résistances et entraver la transmission. Pour surmonter ces difficultés, le cédant peut se faire accompagner par un coach, préparer un projet d’après, devenir consultant, s’intégrer dans des réseaux pour accompagner la création ou reprise d’entreprise…

www.montpellier-bs.com

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