Pyrénées-Orientales
Infrastructures
Les acteurs de l’axe ferroviaire méditerranéen prennent position

La chambre de commerce de Barcelone et la chambre de commerce française à Barcelone ont initié, ce lundi 9 mai, à la casa de Llotja de Mar, une journée dédiée au transport et la logistique autour d’une rencontre entrepreneuriale « France-Espagne dans le couloir Méditerranéen ». Le point de départ de cette journée marathon, pour les 200 participants, a été la présentation des orientations du Livre Blanc qui vise à créer une zone unique de transport européen à l’horizon 2050. Des orientations qui visent à réduire la consommation de pétrole, à réduire les émissions de CO2, à faire payer l’usager des infrastructures par une vignette,… conduisent à la reconversion à venir du transport. Les ressources publiques étant contraintes et l’intervention du privé balbutiante dans ce domaine, Viçenç Pedret, consultant à la direction de la mobilité et des transports de la commission européenne, a suggéré qu’« il faut améliorer l’efficacité des infrastructures existantes avant d’envisager les évolutions technologiques », lançant ainsi les débats.
Difficulté de capter les flux
Les représentants de COMSA EMTE (Transport et logistique) et de RFF ont fait part de la difficulté du couloir ferroviaire méditerranéen à capter les flux, contrairement à celui de la zone des Alpes (36 % des marchandises transitent par le fer). Miquel Llevat, directeur général COMSA EMTE, évalue le potentiel de trafic ferroviaire méditerranéen à 24 % alors que le trafic réel (national et international) varie de 2 à 4 %. Face à ces constats les acteurs ont fait part de leur actions et attentes. Manuel Acero, directeur général secteur marchandises de la Renfe : « L’objectif de Renfe est de faire déplacer les marchandises par le fer dans ce couloir Méditerranéen et de devenir leader dans ce domaine. Les flux de marchandises sur les trains devraient passer de 3 à 10 %. Un objectif qui doit s’opérer à travers des connexions avec les ports. » Selon lui, ces interconnexions permettraient de doubler les trafics de la zone d’influence vers le nord de l’Europe. À travers sa filiale Naviland cargo, le groupe SNCF-Géodis a développé un trafic de container par fret ferroviaire entre Barcelone et Lyon qui monte en puissance (2 500 containers en 2010, 1 500 au 1er trim. 2011).
Un guichet unique pour les sillons
« En juin un 3e A/R est prévu dans l’objectif de tripler les flux d’ici 2012 » précise Jean-Michel Ginestier, directeur général adjoint SNCF-Geodis, en espérant « que le couloir européen devienne plus long afin d’accroître le captage des flux et faciliter l’accès ferro-portuaire.» Miquel Llevat, directeur général de COMSA EMTE, demande une intervention sur les coûts sans attendre 2020 pour capter la demande de trafic. Il estime que « le trafic national pourrait passer de 4 à 10 % et l’international de 2 à 24 %.» De son côté, Jean-Marc Delion, directeur général délégué de RFF attend des services logistiques davantage développés. Il précise « il faut mettre en place d’ici 2013, un nouveau règlement avec un cadre de gouvernance, des investissements, un guichet unique gestionnaire ». A ce sujet, Miquel Angel Campos, directeur général d’exploitation de l’Adif prône la création d’un guichet unique pour traiter les sillons. Le représentant de Géodis conclura que « le pilotage unique doit s’opérer à condition qu’il simplifie les choses et que face à la compétition des divers mode de transport, le train gagne en compétitivité ».










