Légion d’honneur remise à Philippe Saurel : les discours de Manuel Valls et du maire de Montpellier

Le maire et président de l'Agglo de Montpellier, Philippe Saurel, a été décoré de la légion d'honneur, hier soir, par le Premier ministre Manuel Valls. Les discours du Premier ministre, et du récipiendaire.
Manuel Valls, Premier ministre
Le style Saurel. « Philippe Saurel, votre mission de maire, vous la vivez à plein temps, de 6h du matin à minuit. Votre épouse, Corinne, et vos deux enfants, peuvent en témoigner. Tout le monde s’accorde à dire, l’expression ne vient pas de moi, que vous êtes une bête de travail qui ne laisse rien au hasard. Exemple, pour la propreté, dont vous avez fait un enjeu central, vous allez jusqu’à suivre le déroulement des opérations, on a tous fait ça, aux côtés des agents municipaux, dès 5h30 du matin.
Il y a sans aucun doute un style Saurel, un style vestimentaire d’abord (rires), avec la chemise par dessus le pantalon, la veste et le jean. Et surtout une volonté de parler clair, de décider, d’avoir sa porte toujours ouverte, d’avancer avec pragmatisme, de faire aussi de la politique autrement. Nos concitoyens ont une attente très forte dans ce domaine et je sais que c’est aussi le mandat qu’il vous ont donné en mars dernier. Votre proximité, votre sens du relationnel sont loués. Vous êtes un maire, je suppose, apprécié des habitants, enfin on verra dans cinq ans et demi (rires), toujours de la partie pour les événements sportifs, au rugby – mais ne parlons pas des choses qui fâchent en ce moment -, du football, qui a bien résisté samedi. J’étais au Parc des Princes, je salue Louis Nicollin (présent dans la salle, NDLR), qui était content samedi dernier. Il n’était pas content parce qu’il était à côté de Nicolas Sarkozy (rires), mais parce qu’il était à côté de moi, là il était content ! Et bien sûr, le hand. Toutes ces équipes font les belles heures de la ville dans leurs championnats respectifs comme dans les compétitions européennes. »
L’atout de Montpellier. « Montpellier fait partie, comme Toulouse, Nantes ou Rennes, de ces villes où nos compatriotes sont heureux de vivre, et où ils ont envie de vivre. Votre département gagne des habitants. »
Le politique. « Cher Philippe, vous êtes à l’image de ces maires qui ont de l’ambition pour leur ville. Vous ouvrez toujours avec la lame d’un chirurgien, et non d’un bulldozer. Montpellier est avec vous, je n’en doute pas, entre de bonnes mains. Celles d’un maire présent, disponible, à l’écoute de ses concitoyens, mais surtout d’un homme de conviction. Je ne doute pas de votre engagement citoyen, mais aussi de votre engagement à gauche. Pour vous Montpellier ne sont pas seulement une grande ville à administrer, c’est une histoire, un territoire à défendre, à promotionner, à représenter par-delà les clivages. Notre pays a besoin de confrontations, mais peut-être sur de nouveaux visages, sur de nouvelles bases. »
Citant Cambacérès : « "Le temps est venu de vaincre par la fermeté et la sagesse (il parlait après les épisodes terribles de 1793). Il faut que le calme succède enfin à tous les orages. Le vaisseau de la République, tant de fois battu par la tempête, touche au rivage. Gardez-vous de le repousser au milieu des écueils." Je vois là un conseil éclairé pour notre époque. Sachons nous aussi faire taire les clivages inutiles, qui nous détournent de l’essentiel, affaiblissent notre République et font le jeu des populismes. Sachons nous rassembler, tendre la main, dépasser les querelles. C’est comme ça que l’on bâtit une grande nation, et c’est aussi comme ça que l’on bâtit une grande ville. Une nation qui ce soir, vous fait part de toute sa reconnaissance et de toute sa gratitude. Quand on peut allier une cérémonie officielle à une démarche amicale, le moment en prend une toute autre signification. »
Philippe Saurel, maire DVG de Montpellier, président de Montpellier Agglomération
Sa relation à Valls et sa victoire de mars 2014. « Monsieur le Premier ministre, votre venue aujourd’hui est un grand honneur pour la ville, pour la métropole et pour le Sud. Il y a plusieurs années, je vous ai contacté, un jour, à la mairie d’Evry. Vous m’avez reçu, simplement, comme Georges Frêche en son temps. Vous m’avez donné le rôle de mandataire pour l’Hérault et l’Aude dans l’élection primaire socialiste pour la présidentielle. Au 2e tour, je devenais mandataire, pour l’Hérault, pour François Hollande, président de la République. Nous partageons la conviction qu’il faut renouveler et moderniser le pays. Renouveler la façon de faire de la politique, en sortant du contexte d’appareil, en s’adressant directement aux citoyens. Moderniser le pays, son organisation économique, comme nos institutions, en combattant les dogmes, les sectarismes de toutes sortes, les anciennes pratiques. En ce sens, la liste citoyenne, divers gauche et écologiste qui m’a porté aux responsabilités aux élections municipales de mars 2014 à Montpellier, est une force. Je me suis adressé au peuple de Montpellier. J’ai parlé cash. »
Son projet de territoire. « Aujourd’hui, nous devons passer de la parole aux actes. Nous sommes en train de transformer Montpellier en une jeune et brillante métropole. Et merci, Monsieur le Premier ministre, pour la parution au Journal Officiel, que vous avez annoncée tout à l’heure au conseil régional, de la création officielle de la métropole avant la fin de la semaine. Nous l’avons créée de façon démocratique, par les urnes, négociée, consentie, apaisée, un cas unique dans le pays. Pour cela, j’ai imaginé une nouvelle gouvernance afin de consolider le fonctionnement démocratique, la création du conseil des maires et du pacte de confiance des maires, règlement adapté pour répondre aux inquiétudes des élus locaux. Voilà une innovation montpelliéraine qui inspire déjà d’autres métropoles.
…. Nous abordons un moment-clé de notre histoire. Je souhaite faire équipe avec Toulouse, que les deux villes travaillent ensemble, en complémentarité, en dehors des clivages gauche-droite, seulement attentif aux hommes et aux territoires, aux politiques de projets. Nous avons tellement de choses à nous dire et à porter ensemble : les grandes infrastructures et la ligne de TGV Montpellier-Perpignan, mais aussi Narbonne-Toulouse, véritable épine dorsale ferroviaire de la future grande région, le tissu de nos entreprises innovantes, qui grâce à vous Monsieur le Premier ministre, ont pu obtenir la labellisation French Tech. Toulouse a l’aérospatiale, Montpellier fabrique des nanosatellites : c’est l’intérêt général du pays. »
Et demain ? « Comme écrivait Bonaparte, "nous sommes condamnés à la victoire". Et depuis Alexandre Le Grand, la victoire gît dans le mouvement. Cela fait neuf mois que je secoue la ville, que j’ai mis Montpellier et son agglomération en mouvement. Montpellier est une base solide à partir de laquelle il est possible de montrer que l’on peut faire de la politique autrement et que cela fonctionne. Montpellier donne l’espoir. (…) Ici dans le Sud, dans cette ancienne terre de Romanité, il est encore des hommes et des femmes qui se battent pour un idéal, pour une idée de la France et de la République. Une République forte et humaine, garante des droits de chacun, optimiste, qui ne parle pas une langue morte, qui refuse la pensée unique. Monsieur le Premier ministre, je ne voulais pas d’un autre pour me remettre l’insigne de chevalier de la Légion d’honneur. Car il émane de vous en permanence une façon incontestable, un sentiment puissant : vous aimez profondément la France. Merci. »










