Le spécialiste des voyages stratosphériques Zephalto veut implanter une usine à Muret en 2026
La société Zephalto, créée en 2016 au Pouget (34) et désormais pilotée depuis Escalquens (31), envisage d’implanter une usine « de 140 m de long à horizon 2026 à Muret » (31), annonce à La Lettre M Vincent Farret d'Astiès, fondateur. L’entreprise de 25 salariés, qui développe une offre de voyages bas carbone vers l'espace en ballon stratosphérique, entend y internaliser la production de ses ballons et l’assemblage de ses capsules pressurisées. Le site industriel pourrait faire travailler à terme 80 personnes. Zephalto, qui ambitionne d’organiser ses premiers voyages – avec six passagers et deux pilotes à bord – « à partir de fin 2025 » à 25 kilomètres dans la stratosphère, pourrait compter 35 salariés dans six mois.
Un premier vol d’essai habité
Le 11 octobre dernier, comme évoqué par La Lettre M, Zephalto a franchi une étape stratégique de sa feuille de route en organisant depuis le ciel albigeois, dans le Tarn, un vol d’essai habité à bord d’un ballon réutilisable. « C’est un jalon technique important démontrant à la fois notre capacité et notre potentiel », assure Vincent Farret d'Astiès, qui entend poursuivre les initiatives à portée industrielle et scientifique dans les mois à venir, avant de proposer des vols commerciaux embarquant des passagers dès la fin de l’année prochaine.
Huit bases de lancement en projet
En attendant de disposer de sa propre unité de production, la société externalise la fabrication de ses ballons – « avec nos équipes et nos machines », insiste cependant Vincent Farret d'Astiès – en Occitanie. Sa future usine muretaine, basée à proximité d’un aérodrome, sera dédiée à la fabrication des ballons stratosphériques dont l’entreprise aura besoin dans le cadre de l’organisation de ses voyages aux confins de l’espace. Mais pas seulement. « Nous aurons aussi la possibilité de proposer à des tiers notre savoir-faire unique en matière de production de ballons stratosphériques réutilisables, sur un marché en plein développement, anticipe le dirigeant. Il pourra s’agir de prototypes, mais aussi de productions de série. »
Côté exploitation, l’entreprise souhaite disposer d’une première base opérationnelle de lancement en 2025, « si possible en Occitanie ». Une soixantaine de vols annuels pourrait y être organisée. « À horizon 2028, nous pourrions disposer de huit bases, idéalement sur plusieurs continents », précise le dirigeant. Chacune d’entre elles – animée par une dizaine de salariés – serait susceptible de « générer un chiffre d’affaires annuel de 40 M€ », assure le chef d’entreprise.
170 k€ le billet
Depuis sa création en 2010, Zephalto a levé « un peu moins de 10 M€ », indique Vincent Farret d'Astiès, qui revendique à ses côtés des partenaires comme le fonds Expansion, M Capital et Magellim. « Nous sommes très bien accompagnés, par des acteurs qui partagent notre vision d’un mode de transport largement décarboné », se réjouit-il. Une mobilité stratosphérique qui a cependant un coût, puisque pour embarquer dans l’une des capsules de Zephalto, il faudra débourser 170 k€ par personne. Le public visé ? « Des personnes aisées avec des âmes d’explorateur et soucieuses du respect de l’environnement », répond Vincent Farret d'Astiès.











