Le sort de la fonderie Sam entre les mains de Renault
Il est un peu plus de 9 h, ce vendredi 19 novembre, lorsque trois bus déposent plusieurs dizaines de salariés de la fonderie Sam (Société aveyronnaise de métallurgie), installée à Viviez (Aveyron), devant les portes du tribunal de commerce de Toulouse. Tapant des pièces automobiles métalliques les unes contre les autres, les employés patientent dans une ambiance bon enfant. Au même moment, le tribunal de commerce de Toulouse se penche sur la lettre d’intention déposée par Patrick Bellity, candidat à la reprise de cette entreprise placée en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité jusqu’au 10 décembre.
Sauf que rien ne s’est passé comme prévu. Le tribunal demande à Renault, le client quasi unique de l’usine qui emploie 340 salariés, de s'engager d'ici à mercredi 24 novembre sur le volume de commande, dans la perspective d'une reprise par Patrick Bellity, ancien dirigeant de l’entreprise de 1998 à 2016.
Selon la réponse, le tribunal peut décider vendredi 26 novembre, dans son délibéré, de fixer une audience pour examiner cette unique offre, soutenue financièrement à la fois par l’État (1 M€ de subventions et 4,5 M€ de prêts) et par la Région Occitanie (900 k€ d’aides et 2,4 M€ de prêts sur une durée de six ans). Si Renault ne se prononce pas en faveur de ce projet, le tribunal peut fixer une audience et décider la liquidation sèche de l’usine.
Face à cette décision, les salariés médusés votent à l’unanimité le blocage de l’usine lundi 22 novembre. Une nouvelle assemblée générale des salariés est prévue ce jour-là, à 11 heures, pour décider des actions à mener.
« Je regrette la décision du tribunal de commerce de ne pas laisser plus de temps à Patrick Bellity pour affiner son offre, et finaliser les discussions avec Renault, comme je l'avais demandé, déclare Carole Delga, présidente de la région Occitanie. Le constructeur français doit prendre ses responsabilités et faire part d'un engagement ferme sur les volumes de commandes. C'est une condition sine qua non pour viabiliser le projet de reprise de la Sam et pérenniser les emplois. »










