Le réseau hydraulique régional va irriguer 116 hectares à Loupian
À Loupian, 27 agriculteurs exploitant 116 hectares auront « accès à l’eau du Rhône d’ici à 2028 », indique le 28 octobre Jean-François Blanchet, directeur général de BRL, gestionnaire du réseau hydraulique régional, aux côtés de Pierre-André Durand, préfet de la région Occitanie en déplacement dans l’Hérault dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action national hydro-agricole. « Les 8,6 km de canalisations qui seront posées représentent un investissement de 1,5 M€ », précise le représentant de BRL qui attribuera les marchés de travaux fin 2025. Le projet est lauréat de l’appel à projet national ‘’aide aux investissements portant sur les infrastructures hydrauliques agricoles d’irrigation.’’
Soutenir les projets de diversification agricole
Le projet est financé à hauteur de 600 k€ par l'État, la Région Occitanie (300 k€), le Département de l'Hérault (300 k€) et BRL. « Le dérèglement climatique marque fortement l’activité agricole de l’Occitanie. Aussi avec le plan hydro-agricole national doté de 20 M€, l’Occitanie a obtenu 3 M€ en 2024 pour financer 15 projets, explique Pierre-André Durand. Le plan 2025 porte également sur 20 M€. L’appel à projet a été lancé, nous examinons les candidatures ce qui permettra d’évaluer l’enveloppe à venir. » Alain Vidal, maire de la commune de Loupian se félicite de la concrétisation prochaine de cette opération dans un contexte de tension hydrique. « Ce projet d’irrigation était attendu de longue date en raison des épisodes de sècheresse que connaissent nos agriculteurs », explique-t-il en présence du préfet de l’Hérault et des représentants du Département, de la Chambre d’agriculture et des services de l’État. Cette visite s’est faite depuis une parcelle viticole exploitée par Didier Vidal, viticulteur et maraicher. « Sans irrigation, on fait du bricolage en s’appuyant sur un forage voisin et un groupe électrogène, souligne le professionnel. Nous sommes à la limite de nos possibilités pour maintenir une activité rentable. Sans l’accès à l’eau, je suis un propriétaire foncier dont les terres ne valent rien ! Ce réseau d’irrigation va me permettre de conserver le potentiel d’activité et regarder vers l’avenir. »
« L’eau paye l’eau »
« D’abord étudié pour un coût évalué à 600 k€, ce projet d’irrigation a été abandonné puis relancé grâce au plan d’action de l’État. Entre temps, il a subi la hausse des coûts pour atteindre aujourd’hui 1,5 M€, complète Jean-François Blanchet. Ce réseau d’irrigation concerne à 90 % des acteurs de la viticulture, mais aussi des activités oléicoles et arboricoles apportant ainsi une réponse à la question de la souveraineté alimentaire. Ces bénéficiaires contribuent également à leur échelle à financer ce projet avec une contribution de 1 600 € par ha. C’est le principe de l’eau qui paye l’eau ». Le déplacement du préfet de région s’est poursuivi par la visite d’exploitations de pistaches et de chanvre dans l’Aude dans le cadre du plan Agriculture Méditerranée. « Doté de 25 M€ il s’étale sur 2024 et 2025, et représente une enveloppe de 8 M€ pour les 22 lauréats labellisés qui ont engagés des actions d’adaptation au changement climatique, lancer des productions résiliente et résistantes... », rappelle Pierre-André Durand.











