Le poids du sport dans les politiques publiques locales
Le groupe bancaire BPCE s'est penché, à travers son observatoire, sur la place du sport dans les politiques et les finances des collectivités territoriales. Prises en charge d'abord au niveau des communes, les dépenses liées au sport relèvent de plus en plus de la décision politique.
Les dépenses pour le sport, couvertes par les collectivités territoriales des Pyrénées-Orientales, Hérault, Gard, Aude, Ariège, Lozère et Ardèche, représentent 600 M€ par an, selon l’enquête réalisée par le groupe BPCE. 56 % de ces dépenses d’investissement sont assumées au niveau des communes, soit 326 M€. Les EPCI prennent à leur charge 29 % avec 170 M€, les Départements 9 % et 52 M€ et la Région 6 % soit 34 M€.
« Si l’essentiel des dépenses est à mettre au crédit du bloc communal, l’intercommunalité joue un rôle beaucoup plus important dans cette région qu’au niveau national, observe Alain Tourdjman, directeur des études et prospective du groupe. Dans ces cas-là, il y a davantage de mutualisation de la dépense, ce qui permet l’accès à de meilleurs équipements. » C’est le cas notamment dans l’Hérault où la commune dépense 12,5 M€ pour le sport quand la Métropole injecte 20,2 M€. « Le choix a été fait de compter davantage sur l’intercommunalité, comme c’est aussi le cas en Lozère. »
Le sport, un sujet politique
Au-delà de ces chiffres, l’étude fait apparaître la rôle politique tenu par le sport dans les collectivités territoriales. Alain Tourdjman rapporte que « le sport est le deuxième poste de dépenses dans les communes après l’éducation, le 4e dans les EPCI. C’est un secteur qui est au cœur des problématiques politiques touchant la santé, le social, le développement économique, la qualité de vie, etc. » Pour ces collectivités, les enjeux autour du sport sont part ailleurs en train d’évoluer. « À partir de 2000, on constate une baisse des constructions. Le relais a été pris par les chantiers de réhabilitation des équipements sportifs qui sont désormais au même niveau. » Un peu plus de la moitié des infrastructures mises en service avant 1985 ont été réhabilités, « mais il reste beaucoup à faire », sur les 700 cours de tennis par exemple ou encore les 350 gymnases de la zone concernée.
Rôle du privé
Par ailleurs, « les très grands équipements vont être de plus en plus portés par des acteurs privés tandis les collectivités restent dans leur rôle politique. Les entreprises ne vont plus être considérées comme le grand méchant loup en venant soutenir financièrement tel ou tel projet d’équipement sportif. » Pour le directeur des études et prospective du groupe BPCE, « les relations avec les associations doivent aussi évoluer. Le bénévolat est une façon de gérer un peu “à l’ancienne“, ce qui n'est plus forcément en ligne avec les sports modernes et les nouvelles façons de le pratiquer. »










