Le Medef Montpellier souhaite une fiscalité plus favorable pour l’accueil des entreprises
Samuel Hervé, président du Medef Montpellier, pointe le 27 février le poids de la fiscalité locale sur les entreprises, notamment celles de production. « On a recréé de l’emploi en France, sauf dans l’industrie, du fait d’une fiscalité trop lourde. Philippe Saurel (président de Montpellier Méditerranée Métropole, NDLR) annonce qu’il va relancer une industrie à Montpellier. Je dis : allons-y , c’est beaucoup d’emplois induits ! Mais quid des valeurs foncières ? Avec quelle fiscalité territoriale ? »
D’après lui, une réflexion sur la fiscalité structurelle (CFE, taxe d’enlèvement des ordures ménagères, valeurs locatives des locaux) est à mener, « pour que les entreprises dégagent plus de marges et que la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises), impôt basé sur la performance, soit éventuellement revue à la hausse. Mais il ne faut pas prélever dès le départ de la richesse avant même qu’elle ne soit constituée ! Si on veut vraiment attirer des entreprises industrielles, il faudra s’attaquer à la fiscalité locale. »
Politique RSE. Arturo Delrio, dirigeant de Label d’Oc (6 salariés), membre du bureau, prend en charge un nouveau groupe du travail axé sur la RSE (responsabilité sociétale des entreprises). L’idée est d’organiser des rencontres avec des adhérents vertueux en matière de RSE.
Pourquoi un groupe de travail RSE ? « La performance non financière des entreprises existe Il faut accompagner les PME-TPE pour qu’elles choisissent des actions ciblées en matière de RSE, détaille Samuel Hervé. Cette stratégie les mettra en capacité de répondre sur certains marchés réservés aux clauses sociales. De plus, elle donne du sens en interne. Il faut armer nos entreprises à mieux répondre sur leurs mémoires techniques. Car demain, les critères de sélection vont évoluer, et on le voit déjà : la valeur technique augmente, le critère RSE apparaît parfois. Pas assez cependant. Les bons acteurs de la RSE ne sont pas toujours récompensés. Les gros donneurs d’ordres, publics ou privés, doivent aussi donner des bons points, et pas seulement sanctionner à travers des amendes. »
De façon générale, Samuel Hervé livre son analyse sur les évolutions sociétales : « Avec la Loi travail, la future loi Pacte de Bruno Le Maire et les évolutions des mentalités chez les nouvelles générations, les patrons ne pourront pas continuer à se comporter comme des maîtres de forge qui ont pouvoir de droit divin sur leurs collaborateurs. Ceux-ci restent dans une entreprise parce qu’ils sont bien, et trouvent du sens. La prise en compte de cette évolution est un enjeu majeur pour les entreprises. »
Sur les tensions (via les réseaux sociaux notamment) entre les entourages de Carole Delga, présidente PS de la Région, et Philippe Saurel, président DVG de Montpellier Métropole : « C’est très mauvais. On le voit sur l’orchestre opéra national de Montpellier, ou l’association des flux touristiques de l’aéroport, qui sont des vecteurs d’attractivité forts pour les décideurs. »
Les métropoles : « Le poids économique des métropoles va aller croissant. Philippe Saurel et Jean-Luc Moudenc (président LR de Toulouse Métropole) sont condamnés à s’entendre. »
Les Toulousains au-dessus de la mêlée ? Samuel Hervé, récemment intégré à la garde rapprochée (en tant que vice-président en charge des Medef territoriaux) de Sophie Garcia, présidente du Medef Occitanie, réfute tout complexe d’infériorité pour l’Hérault. « Alain Di Crescenzo, président de la CCI Occitanie, reconnaît par exemple à André Deljarry, président de la CCI 34 et 1er vice-président de la CCI Occitanie, son dynamisme. Le regard que les Toulousains jettent sur l’Hérault, c’est aussi le fruit de nos actions de nos résultats. À nous de leur prouver qu’il n’y a pas qu’eux en Occitanie ! »
Quant à la supposée perte d’attractivité de Montpellier du fait de la perte de statut de capitale régionale : « C’est l’arroseur arrosé. Il faut se souvenir de l’histoire. Montpellier, lorsqu’elle était capitale régionale, a aspiré Nîmes et Béziers. Il faut tirer les compétences de Montpellier vers le haut, être peut-être plus forts qu’avant pour être remarqués. »
Un conseil d’administration renouvelé. Élu il y a un an, Samuel Hervé a souhaité ouvrir le conseil d’administration du Medef Montpellier « pour que le Medef ressemble à son territoire » : Leader Occitanie (entreprises en croissance), Cap Occitanie (entreprises adaptées), FHP (santé), Union des syndicats des pharmaciens, DCF, JCE, sport (LR Set), Rafale (réseau d’affaires franco-allemand), les chefs d’entreprise Frédéric Salles et Vincent Daffourd (Matooma et Care Labs, tous deux basés à Pérols).
Indispensable innovation. « Il y a de la captation de valeurs par l’ubérisation, les plateformes numériques, les travailleurs détachés… tous les secteurs d’activités sont concernés. Les entreprises qui n’engagent pas une démarche de transition numérique verront leur valeur captée. Nous voulons sensibiliser sur les dispositifs, les endroits où trouver de l’argent, car l’innovation n’est pas naturelle. Elle peut être simple. Par exemple, ce restaurateur qui a développé la dimension de cooptation sur les réseaux sociaux pour son établissement. Il décide de son image, de la valeur qu’il crée, et n’est pas obligé de passer par Tripadvisor, Booking ou Airbnb. » Prenant exemple aussi sur son entreprise, Akté Services (Vendargues) : « Nous sommes dans la restauration collective. On a fait développer un portail d’approvisionnement, produisant des statistiques pour les clients, les pourcentages de produits bio, issus de circuits courts… Mon cœur de métier n’a pas changé, mais je peux apporter quelque chose de supplémentaire à mes clients par rapport à mes concurrents. » L'innovation est le thème de la 6ème Nuit des Entrepreneurs, le 15 mars (inscription : www.weezevent.com/nde2018)
Les ordonnances de la loi travail ont reçu, sans surprise, un accueil « très favorable » au sein des adhérents du Medef Montpellier. « Le manque de visibilité sur le risque prud’homale était un frein à l’embauche. Certes, les indemnités de licenciement ont augmenté, mais au moins, on a là aussi une visibilité. Cette barêmisation est un vrai soulagement pour les TPE-PME. »
Concernant le dialogue social, « grand vecteur de performance », il pointe le retard des TPE-PME en matière de signature d’accords d’entreprises (formation, qualité de vie au travail, intéressement, participation…). Côté formation, « le CPF (compte formation) n’est pas assez visible pour les salariés. Le compte n’y est pas, l’ingénierie financière est trop complexe », reconnaissant que « le paritarisme ne produit pas les effets attendus ».
Le Medef Montpellier revendique 800 adhérents. 79 % emploient moins de 20 salariés. Des manifestations sont prévues à Lunel, puis à Clermont-l’Hérault ou Gignac.










