Le chômage bat plusieurs records en Languedoc-Roussillon au troisième trimestre 2014 : plus fort taux de chômage en France métropolitaine (14,3 %), devant le Nord-Pas-de-Calais, et plus forte progression en France. Cette évolution a particulièrement frappé les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans, selon une étude présentée ce matin par l’Insee L.-R. Au cours des trois premiers trimestres de l’année 2014, l’emploi marchand a suivi une évolution en dents de scie, avec 1 200 emplois gagnés au 2e trimestre, et 1 950 perdus au 3e. Principal secteur touché : l’hôtellerie-restauration, qui perd 1 550 emplois. Malgré un léger rebond, le secteur de la construction reste sinistré, avec 14 500 emplois perdus depuis le début de la crise, dont 2 400 depuis un an.
BTP : le marasme
« La construction a connu un rebond conjoncturel au niveau national, qui ne se propage visiblement pas à la région », note le directeur régional de l’Insee, Francis Vennat. 16 500 logements ont été commencés en un an, soit deux fois moins qu’en 2007 (27 000 logements). Le nombre de logements autorisés croît néanmoins au 3e trimestre. « Conjugué avec les mesures du plan de relance du Bâtiment, ce léger rebond pourrait permettre l’élévation du niveau particulièrement bas des mises en chantier », estime l’Insee. La consommation de béton prêt à l’emploi croît en 2014, « l’effet des grands chantiers comme le doublement de l’A9 à Montpellier et la ligne LGV », estime Roger Rabier, de l’Insee. Mais ce gain, qui « profite essentiellement à des entreprises nationales », est contrebalancé par « un recul de 20 % des dépenses de travaux publics des grands chantiers ».
Services : le boom
À l’inverse, l’emploi croît dans les services. Pour les services aux entreprises, qui gagnent 400 emplois au 3e trimestre, 1 300 en un an, et 4 100 depuis le début de la crise, c’est même la « 7e hausse trimestrielle consécutive ». L’effet notamment, selon Roger Rabier, de « l’externalisation de certaines tâches de l’industrie ». Les services marchands bondissent de 600 emplois au 3e trimestre. À l’inverse, le commerce perd 600 emplois, en raison d’une « baisse de consommation des ménages ». Ceux-ci font preuve de deux comportements : « une partie a recours à l’épargne à court terme et au découvert bancaire ; une autre, aux revenus plus élevés, augmente davantage à long terme ». Ce qui pourrait « constituer un signe prometteur en termes de projets immobiliers ».
Tourisme : une bonne année
Si l’hébergement a perdu 1 550 emplois au 3e trimestre, cette évolution serait essentiellement liée « aux évènements climatiques, qui ont engendré une chute du taux d’occupation des campings et des hôtels ». En dépit d’une reprise fin septembre, « l’emploi n’a pas suivi ». Sur l’ensemble de la saison 2014, de mai à septembre, la baisse des nuitées a été de 2,3 % en L.-R., contre 1,5 % en France. Une baisse a relativiser, car « la saison 2013 avait été une saison record en L.-R. 2014 est au niveau de 2011, qui avait une saison qualifiée de très bonne ». Le L.-R/ reste la « 3e région touristique de France, derrière l’Île-de-France et Paca ». Les campings ont été en baisse de 1,4 %, les hôtels de 3,8 %, les autres hébergements de 4,3 %. La fréquentation étrangère est en baisse de 6,3 %, notamment celle des Néerlandais et des Britanniques. Les littoraux audois et gardois « one connu une fréquentation plus forte », tandis que le littoral héraultais « contribue pour 60 % à la baisse de la fréquentation touristique ».
Viticulture : les prix montent
La production viticole du L.-R. en 2014 a été « dans la norme des dernières années », selon Chantal Pailler, de la Draaf, même si le volume de la récolte était en baisse de 10 % par rapport à 2013. L’Aude et l’Hérault ont été pénalisés par une sécheresse hivernale exceptionnelle et printanière, puis par la grêle, en juillet. Les prix des vins sont en hausse de 10 %, avec des volumes commercialisés plus importants, la récolte 2013 ayant été d’un niveau élevé. Sur les 11 premiers mois, les exportations de vins ont progressé en volume (+ 4,9 %) et en valeur (+ 7,3 %), notamment vers les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Chine.
Photo HF : de gauche à droite, Chantal Pailler (Draaf), Francis Vennat (Insee) et Maryse Chabaud (Banque de France).