Le groupe Onoré vise jusqu’à 500 M€ de CA en 2030
Le groupe toulousain Onoré, spécialisé dans les produits agroalimentaires surgelés, vise à horizon 2030 « 330 M€ de chiffre d’affaires en seule croissance organique et entre 450 et 500 M€ avec la croissance externe », indique à La Lettre M Alexandre Vigneron, PDG. À cette échéance, le groupe de 1 000 salariés, qui a enregistré 200 M€ de CA en 2024, pourrait avoir doublé ses effectifs. « Notre objectif est de nous placer dans le top 3 européen de notre marché », précise le dirigeant, qui investit 7 M€ par an dans ses sept unités de production. Onoré réalise 55 % de son volume d’activité à l’international ; une part qui pourrait s’accroître avec la réalisation de nouvelles opérations de croissance externe en Europe.
Vers de nouvelles acquisitions
Le groupe Onoré trouve ses origines dans la société Boncolac, fondée en 1955. « À l’époque, l’entreprise produisait des boissons lactées, de la crème glacée, des pâtisseries…, rappelle le dirigeant. Mais depuis 2011, nous nous sommes recentrés sur deux métiers : la pâtisserie surgelée et le traiteur snacking surgelé. » En 2022, Onoré a changé d’actionnaire principal, passant du giron de Sodiaal à celui du fonds Waterland Private Equity. « L’objectif était clair : il s’agissait de créer un leader paneuropéen de la pâtisserie et du traiteur surgelés en travaillant autour de spécialités culinaires régionales mais aussi nationales », explique Alexandre Vigneron. En deux ans, le groupe réalise quatre opérations de croissance externe, dont deux au Royaume-Uni, renforçant ainsi ses positions sur son marché et atteignant le cap des 1 000 salariés répartis entre son siège social toulousain et ses sept sites de production (cinq en France et deux au Royaume-Uni), pour 200 M€ de CA enregistrés en 2024. « Cette année, nous devrions réaliser 220 M€ de CA, annonce le dirigeant, pour qui 2025 constitue avant tout une phase de consolidation et de stabilisation, avant une reprise dynamique des acquisitions dans les prochains mois. « Nous ciblons des acteurs européens, leaders en termes de spécialités culinaires sur nos deux métiers, prévient-il. En fonction de la taille des entreprises reprises, nous pourrons réaliser une, deux, voire trois opérations par an. »
Cap sur l’export
Onoré, qui dispose en interne d’une équipe de 25 personnes dédiée à la R&D et à l’industrialisation de nouvelles recettes, distribue ses produits aux deux tiers via la restauration hors foyer. « Nous travaillons soit avec des distributeurs, soit en direct avec des grossistes alimentaires, soit dans le cadre d'accords tripartites, indique Alexandre Vigneron. Et nous commençons, pour certaines gammes, à développer une activité directe auprès des restaurants. » L’autre tiers de son activité est réalisé via la grande distribution et les enseignes spécialisées dans le surgelé. « En trois ans, nous sommes passés de 95 % à 45 % de notre chiffre d’affaires réalisé en France, confie le chef d’entreprise. Désormais, 40 % de notre activité se fait au Royaume-Uni, tandis que 15 % de notre volume d’affaires est enregistré en Europe, dans la zone Asie-Pacifique et, dans une moindre mesure, aux États-Unis. Mécaniquement, avec les futures acquisitions, la part à l’export va s’accroître, ce qui nous permettra de mieux répartir encore le risque géographique. »
Gérer l’hypercroissance
Sa transformation imminente en ETI, l’entreprise la prépare avec application. « Il est important d’être en mesure de gérer l’hypercroissance, estime le dirigeant. C’est la raison pour laquelle cette année a été consacrée à l’intégration de nos nouvelles entités. Nous nous préparons au prochain cycle en posant des fondations solides. Avec la taille, de nouveaux sujets arrivent à maturité en termes de RSE, par exemple, mais aussi d’approvisionnement. Par ailleurs, notre poids, dans les territoires où nous sommes implantés, commence à compter. »











