Le groupe Fauché vise 700 M€ de CA dans cinq ans
L’énergie est une denrée finie. C’est fort de ce constat que le groupe montalbanais Fauché, spécialiste des solutions et services à l’énergie, se projette dans cinq ans avec un chiffre d’affaires de 700 M€ et un effectif de 5 000 collaborateurs. « Le groupe a été fondé à Lafrançaise (Tarn-et-Garonne) il y a 60 ans par Jean-Pierre Fauché, patron très charismatique, qui a su faire d’une petite entreprise artisanale d’électricité une PME puis une ETI du génie électrique tout en préservant son indépendance », rappelle Patrick Zmirou, son président depuis 2015. À cette époque, le groupe Fauché réalise 142 M€ de CA et emploie un millier de salariés.
Cette année, « nous devrions clôturer l’exercice autour de 400 M€ et environ 2 450 collaborateurs répartis dans plus de 100 implantations en France », souligne Patrick Zmirou, qui voit plusieurs explications à ces bons résultats. La crise de l’énergie d’une part, qui profite naturellement « aux entreprises comme la nôtre, dont le métier consiste à concevoir, déployer et maintenir des installations électriques les moins énergivores et les plus pérennes possibles ». Et, d’autre part, « un modèle d’entreprise qui capitalise sur ses collaborateurs pour grandir », affirme-t-il, fier de présider une entreprise restée indépendante, dont plus de 600 salariés et managers parmi l’ensemble des collaborateurs sont progressivement montés au capital à la faveur de trois opérations de LBO, jusqu’à en détenir 80 % à ce jour.
Organisation décentralisée
Associer les collaborateurs aux résultats de l’entreprise a en effet été l’une des clés du redressement opéré par Patrick Zmirou et Philippe Touyarot, son prédécesseur, toujours président du conseil de surveillance. Quand il quitte Cofely Ineo pour rejoindre le Groupe Fauché en 2014, le dirigeant a pour mission de redresser une entreprise alors en grande difficulté. Avec Philippe Touyarot, lui aussi spécialiste de ce secteur, il entame une vaste modernisation de l’organisation et des processus. Au niveau managérial, « nous sommes passés, en moins de dix ans, d’un modèle très pyramidal à une organisation très fortement décentralisée qui repose sur plusieurs directions régionales épaulées chacune par leurs fonctions support, une centaine de patrons d’agence, animant et coordonnant des chargés d’affaires encadrant des équipes de production. Ainsi, nous restons une entreprise à taille humaine qui va vite dans ses prises de décision et c’est ce qui nous différencie de la concurrence, provenant essentiellement de grands énergéticiens ou de groupes issus du monde du génie civil et de la construction. » Pour faciliter le lien entre ses collaborateurs, le groupe vient de lancer un chantier visant à réunir sur un même site ses équipes toulousaines et le siège de sa direction régionale Occitanie, soit environ 180 salariés. Mi-2024, ces équipes déménageront vers deux nouveaux bâtiments (superficie totale : plus de 4 500 m2 SDP) construits par Pitch à Balma.
Projets de rachat
En complément, le groupe s’est aussi doté en 2020 de sa propre école, la Fauché School à Montauban. « Un outil essentiel pour accompagner nos managers comme pour former nos nouveaux collaborateurs (environ 400 chaque année, NDLR) », estime Patrick Zmirou. Le groupe Fauché ouvre en moyenne dix implantations par an et recrute près de 500 personnes, sans compter les mouvements de personnel issus d’opérations de croissance externe. « Notre croissance est à 95 % organique mais depuis peu, nous réalisons quelques acquisitions. » En juillet, le groupe Fauché a ainsi acquis la société tarnaise d’électricité et de génie climatique EB (une quinzaine de salariés, 3,8 M€ de CA en 2022). « D’autres projets sont à l’étude en Paca, en Île-de-France et en Occitanie », glisse Patrick Zmirou.











