Le fabricant de ballons Hemeria Airship poursuit ses investissements
Spécialisée dans la conception et la fabrication de ballons stratosphériques et de ballons captifs, la société haut-garonnaise Hemeria Airship (ex-Cnim Air Space), filiale du groupe Hemeria depuis son rachat fin 2022, prévoit « au moins 1 M€ d’investissement » dans son parc machines dans les mois à venir, indique Nicolas Multan, DG d’Hemeria. « Depuis la reprise, nous avons déjà injecté 2,5 M€ dans des travaux et l’acquisition de machines, précise-t-il. Nous voulons encore nous doter de nouvelles machines spéciales permettant de couper, de souder et de coller les films plastiques destinés à la fabrication de nos ballons. » La société vise « 9 à 10 M€ » de chiffre d'affaires en 2025 et « une rentabilité de 5 à 10 % ».
Réalisation de lourds investissements
« Nous sommes aujourd’hui à une étape clé de la reprise de l’entreprise, indique Nicolas Multan le 1er octobre à l’occasion de l’inauguration des locaux rénovés d’Hemeria Airship, à Ayguesvives, dans la deuxième couronne toulousaine. Lorsque s’est présentée l’opportunité d’acquérir la société, nous avons identifié à la fois son savoir-faire technologique correspondant à notre ADN, la typologie de ses clients – le Cnes, Thales, la DGA… –, que nous connaissons bien, et sa localisation, à moins de 30 minutes du siège d’Hemeria. À l’époque, c’était une entreprise de 70 personnes réalisant 8 M€ de chiffre d’affaires. Mais elle avait déjà fait l’objet de plusieurs rachats successifs et ses conditions de production étaient relativement précaires. Elle rencontrait par ailleurs des difficultés financières. Il fallait donc la remettre à flot ! » Deux ans plus tard, c’est chose faite. Après une phase de turnover – 30 départs et 30 recrutements –, les effectifs se sont stabilisés et pourraient s’enrichir de 30 nouvelles recrues d’ici à fin 2025. En 2024 (exercice clôturé en juin dernier), l’entreprise a réalisé 9 M€ de CA – avec « un résultat très légèrement positif » – tout en enregistrant 16 M€ de nouvelles commandes sur trois ans. En parallèle, Hemeria Airship, dont les locaux de 12 000 m2 – caractérisés par un bâtiment de 400 mètres de long adapté à la production des ballons – accueillent notamment 1 500 m2 de bureaux et 700 m2 de salles blanches, a fait l’objet de 2,5 M€ d’investissement.

Objectif développement
« Désormais, nous sommes tournés vers l’avenir, prévient Nicolas Multan. Nous avons sorti la tête de l’eau et nous allons développer l’entreprise. » Parmi les projets qui animent les équipes de l’entreprise haut-garonnaise, on retrouve la réalisation, d’ici à 2027, d’une centaine de ballons stratosphériques à vocation scientifique pour le Cnes, mais aussi des commandes de ballons stratosphériques et captifs pour la Direction générale de l’armement (DGA) et la fourniture de quatorze cellules d’hélium destinées au futur dirigeable Flying Whales. « Nous travaillons par ailleurs sur le développement de BalMan, un ballon stratosphérique manœuvrant qui devrait être commercialisé en 2026-2027 », indique le dirigeant, qui mise sur des synergies technologiques avec la maison mère Hemeria, spécialisée dans la conception et la fabrication de nanosatellites. « Nous injectons en particulier ici nos compétences en matière d’architectures avioniques », précise-t-il.
Hemeria, qui planche actuellement sur d’autres opérations potentielles de croissance externe en France « en vue de diversifier le groupe », compte 400 salariés et vise 70 M€ de chiffre d’affaires en 2025, contre 63 M€ en 2024.











