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Lozère
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Agri - Agro
| 20/09/2017

Le coup de gueule du directeur de l'abattoir de Saint-Chély-d'Apcher

Coup de gueule - argumenté et teinté d'ironie - de Jacques Alvernhe, directeur de l'abattoir de Saint-Chély-d'Apcher (exploité sous forme coopérative), et ancien éleveur, en réaction à l'action annoncée par 269 Life devant les abattoirs :
« Depuis le coup médiatique de l’association L 214 affichant des commentaires orientés, portés par des voix de people, sur des images volées dans des abattoirs, les quelques associations prônant l’abolition de l’élevage rivalisent d’initiatives pour tenter de clamer leur message. La prochaine en date est l’organisation par la confidentielle 269 Life d’une Nuit Debout devant les abattoirs. Le sourire – à minima – est de mise à l’évocation d’un tel titre. Quelle ambition ! Prendre la suite d’un mouvement social qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes, en France et à l’étranger. La prétention n’étouffe personne chez 269 Life (...).  C’est à la lecture des consignes pour le déroulement de ce pseudo-évènement qu’on ne rigole plus. À première vue, rien de bien méchant. On y parle de veillée silencieuse, d’ambiance solennelle, de respect du calme. Mais les consignes se font plus précises : il est recommandé de déposer des mots, des fleurs, ou encore des bougies à proximité des grilles. Quand j’ai lu de telles consignes, mon esprit a tout de suite fait le lien avec les images qui ont tourné en boucle suite aux différents attentats terroristes. Qui n’a pas éprouvé une puissante émotion, ressenti un serrement de cœur ou versé des larmes devant ces images du Bataclan, de Charlie ou de la Promenade des Anglais, les jours suivant les attentats, devant ces amoncellements de fleurs, de dessins d’enfants, de bougies et, bien sûr, de photos de victimes ?
Que certains utilisent ces gestes naturels, émotionnels et spontanés pour les transformer en méthodes et procédés pour défendre une cause, quelle qu’elle soit, n’est simplement pas acceptable, pas admissible. Voici une récupération qui laisse sans voix (...). En suscitant l’amalgame entre les attentats terroristes et les activités d’un abattoir, 269 Life jette l’opprobre sur les hommes et femmes qui travaillent derrière les grilles de ces abattoirs.
Les connaissent-ils ? Je ne préfère pas entendre leur réponse.
Qui suis-je pour vous parler ainsi ? Simplement un des leurs.
Les hommes et femmes qui travaillent au sein de ces entreprises d’abattage, industrielles ou artisanales, méritent le respect, le simple respect. Ils méritent aussi la considération, celle qu’on doit à ceux qui, dans nos sociétés, font les boulots qu’on ne veut pas voir.
Ouvriers d’abattoirs, balayeurs du métro, pousseurs de brouettes …, même combat, même considération, même respect.
Les femmes et les hommes qui travaillent en abattoir ne sont ni pires ni meilleurs que les autres. Ils sont des laborieux, pas des intellectuels, mais ils n’ont rien à apprendre et surtout pas de leçon à recevoir d’activistes dont la finalité n’est pas seulement le végétarisme ou le veganisme, mais in fine la disparition de l’élevage et la fin de la domestication qu’ils considèrent comme une forme d’esclavage. Aujourd’hui les animaux d’élevage, demain vos animaux domestiques.
 »

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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