Le cabinet Cazes-Goddyn livre une analyse comparée inédite des grandes entreprises d’Occitanie
Dans une étude inédite, portant sur les 40 premières entreprises de l’ex-LR et sur les 40 premières de l’ex-MP en termes de chiffre d’affaires, le cabinet montpelliérain d’expertise-comptable et d’audit Cazes Goddyn tord le cou à certaines idées reçues sur la santé des grandes entreprises languedociennes, comparée à celles de l’ex-MP.
L’analyse qui suit montre que, hors secteur bancaire :
• Les entreprises de l’ex-LR développent un CA plus élevé de 24 % par rapport à celles de l’ex-MP.
• Les effectifs salariés sont supérieurs en ex-LR (50.689) qu’en ex-MP (45.104).
• Les entreprises de l’ex-LR ont deux fois plus investi en 2015 (590 M€) que celles de l’ex-MP (277 M€).
• Les entreprises des deux ex-régions ont globalement la même dotation en fonds propres (1,860 Md€ pour l’ex-LR et
1,862 Md€ pour l’ex-MP).
. es sociétés de l’ex LR sont largement plus rentables (184 M€ contre 39 M€).
• L’endettement de l’ex-MP est plus faible (1.412 M€) qu’en ex-LR (2.095 M€).
Le secteur bancaire régional est plus fort en ex-MP, du fait notamment de l’existence de trois caisses régionales du Crédit Agricole. Le produit net bancaire dans l’ex-MP est de 1,98 Md€ contre 1,44 Md€ dans l’ex-LR, soit 38 % supérieur. Les profits sont de 452 M€ dans l’ex-MP contre 336 M€ dans l’ex-LR, soit 35 % de plus.
Sur les 80 entreprises auditées, 12 sont déficitaires, dont 7 font partie de l’ex-MP (pour un total de – 40 M€, contre - 11M€ pour l’ex-LR), « expliquant en partie la faible rentabilité de l’ex région MP cette année », explique l’étude. Le cabinet a choisi cette analyse comparée, malgré l’existence d’une seule région depuis début 2016, « car les tissus économiques des anciennes régions restent bien distincts ».
« Peu ou pas de synergies existent entre les économies de l’ex-MP et l’ex-LR, tranche Claude Cazes, fondateur et dirigeant du cabinet. La première est mono-industrielle, agricole, agrégée autour d’un centre dominant, Toulouse. La seconde est diversifiée, tant sur le plan industriel que celui des services, portée par cinq pôles urbains tournés vers la Méditerranée. La fusion de MP et du LR apparaît donc comme la simple addition de deux réalités économiques distinctes, poursuivant chacune leur croissance propre et dont les interdépendances sont faibles, corroborant ainsi l’inspiration purement politique de cette fusion. »
Portrait des 40 plus grandes entreprises de l’ex-LR : « On distingue dans l’ex-LR une nette prédominance du secteur du commerce (47 %), en diminution cependant avec l’année dernière (51 %). Arrivent en 2me et 3me positions les secteurs de l’agro-industrie (19 %) et de l’industrie (18 %), lequel est pour cette dernière en nette augmentation (12 %) principalement due au groupe Altrad (Montpellier). »
Portrait des 40 plus grandes entreprises de l’ex-LR : « Le CA de l’ex-MP est plus partagé entre le secteur du commerce (34 %, en augmentation) et celui de l’agro-industrie (27 %, en diminution). En 3me position, le secteur de l’industrie (25 %, en augmentation). » Une donnée à relativiser par l’absence dans l’étude du groupe Airbus et de nombreux sous-traitants, exclus de la méthodologie « car appartenant à des groupes internationaux ».
En valeur absolue, le chiffre d’affaires des 40 premières entreprises de l’ex-LR (9,3 Md€) est plus élevé que celui des 40 premières entreprises de l’ex-MP (7,48 Md€). Une constatation à nuancer « par l’importance des centrales d’achats dans les valeurs retenues. Ceci explique également la prépondérance du secteur du commerce en ex-LR ».
En terme d’évolution, le CA progresse de 509 M€ en 2015 (+5.5 %) en ex-LR, et baisse de 159 M€ (-2.2 %) en ex-MP. Les sociétés retenues en ex-LR sont « très hétéroclites. Le CA de la société la plus importante avoisine 2 Md€, quand la dernière sélectionnée a un CA de 62 M€ ». En ce qui concerne l’ex-MP, « l’écart type est plus réduit, avec une première société atteignant 787 M€ de CA, quand la dernière sélectionnée a un CA de 90 M€ ».










