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| 16/09/2025

​La situation financière du Département du Tarn épinglée, Christophe Ramond relativise

© Pixabay CCO - Photo d'illustration

Dans un avis consacré au Département du Tarn, la Chambre régionale des comptes estime le 15 septembre que « le budget 2025, s’il est exécuté en totalité, conduirait le Département à une situation très défavorable ». Et d’argumenter : « Alors qu’en 2022, le Département pouvait s’appuyer sur une épargne de 56 M€ pour financer son programme d’investissement à 59 M€ et reconstituer son fonds de roulement de 20 M€, en 2025, il serait contraint, pour financer un investissement un peu supérieur, d’emprunter fortement faute d’épargne. Il s’ensuivrait une dégradation de sa situation financière qui serait non soutenable dans la durée. » Christophe Ramond, président du Département, l'assure : « Nous construisons nos budgets avec prudence. »

Et l’élu d’insister : « Pour 2025, nous diminuons nos investissements de 11 M€ et augmenterons légèrement le recours à l’emprunt afin de faire face au désengagement de l’État. » 

Le constat d’une « dégradation »
Dans son avis, la CRC Occitanie analyse tout d’abord la situation financière de la collectivité durant la période 2022-2024. « La capacité d’autofinancement du Département se détériore progressivement après un pic en 2021, en raison d’une augmentation à la fois des dépenses sociales de 25 M€ entre 2022 et 2024, mais aussi de la masse salariale (+ 8 M€), estime l’instance. Sur ces deux aspects, la dégradation s’explique par l’incidence des mesures nationales mais également par la volonté du Département de maintenir le même niveau de prestations sociales. Cette dégradation des indicateurs a aussi pour cause la forte baisse des recettes fiscales et plus particulièrement des droits de mutation à titre onéreux (- 21 M€), suivant en cela la conjoncture nationale. Sa politique d’investissement est restée très dynamique mais, en contrepartie, le Département s’est endetté fortement en 2024. »
Passant ensuite au crible le budget prévisionnel 2025 de la collectivité tarnaise, la CRC Occitanie estime que « le Département ne prévoit pas d’inverser la tendance d’une augmentation plus rapide de ses dépenses que de ses recettes, même si l’écart entre les deux devrait se réduire selon ses prévisions ». De la sorte, « disposant de ratios par habitant en matière de masse salariale ou de charges à caractère général qui sont inférieurs à ceux des Départements de même strate, le département du Tarn voit ses dépenses sociales augmenter plus vite qu’ailleurs, notamment en raison de mesures prises au niveau national », constate l’instance.

Christophe Ramont réagit « avec force »
Christophe Ramond, président du conseil départemental du Tarn, entend réagir « avec force » au rapport de la Chambre régionale des comptes. « Depuis 2022, les Départements se sont vu imposer 8 Md€ de dépenses nouvelles, alors que, dans le même temps, ils ont perdu 6 Md€ de ressources, déplore l’élu. Cette situation est inacceptable. » Et d’estimer que « dans ce contexte défavorable », le Tarn figure néanmoins parmi « les bons élèves des Départements de France ».
« Nous avons su préserver la santé financière de notre collectivité : notre capacité à dégager une épargne atteint 7,6 %, insiste-t-il. Concrètement, le rapport le confirme, cela signifie que nous avons gardé une marge de manœuvre supérieure à la moitié des Départements français. » Par ailleurs, assure Christophe Ramond, la « gestion rigoureuse » du Département se traduit par « une maîtrise exemplaire de nos frais de fonctionnement : 51 € par habitant, quand les Départements de taille comparable s’acquittent en moyenne d’une facture de 74 € par habitant. Ainsi, le Tarn est le Département le plus économe d’Occitanie. »
Soulignant que la dette de la collectivité avait été réduite de 62 M€ en six ans, l’élu assume sa volonté de poursuivre une politique d’investissement. « C’est indispensable pour entretenir nos routes, moderniser nos collèges, rénover nos chambres d’Ehpad, donner les moyens nécessaires à nos pompiers… », argumente-t-il avant de souligner que, de son point de vue, « l’avis de la Chambre régionale des comptes repose sur une interprétation théorique de l’analyse budgétaire de notre Département. L’enveloppe budgétaire prévue n’est jamais consommée à 100 %. Notre budget est suivi quotidiennement, ce qui nous permet d’anticiper et de réaliser les ajustements nécessaires en cours d’année. »

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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