La Région va augmenter ses investissements de 3,3 % en 2012, a indiqué cet après-midi son président, Christian Bourquin, lors d'une conférence de presse préalable au débat d'orientation budgétaire, le mercredi 30 novembre. Les dépenses du budget 2012, « qui pourront être ajustées dans le projet définitif de budget primitif », selon la Région, s’élèveront à 1 152 M€, dont 505 M€ en investissement (44 %) et 647 M€ en fonctionnement (56 %). « Nous allons contraindre le fonctionnement à une augmentation de 1 %, et mettre l’argent dégagé sur l'investissement », a affirmé Christian Bourquin. « Tout le monde diminue l'investissement. Nous, nous optimisons le fonctionnement pour le rendre utile et nous passons tout en investissement ». Le président de la Région s’est refusé, en revanche, à préciser le détail des postes concernés.
La Région restera en 2012, selon lui, « le premier investisseur public régional », générant, selon la collectivité, « un effet levier de 1,2 Md€ ». Les grands projets régionaux bénéficieront de cette augmentation de 20 M€ des investissements. 136 M€ seront consacrés aux lycées (+ 8 %), 30,4 M€ aux PRAE (+ 8,4 %), 17,3 M€ aux ports de Sète et Port-la-Nouvelle, 17,2 M€ pour les lignes à grande vitesse (contournement de Nîmes et Montpellier), et 16,5 M€ pour les gares et réseaux TER. Autres « grands chantiers » soutenus par la collectivité en 2012 : l’Opération Campus (8 M€), Aqua Domitia (7,2 M€), et les grands équipements culturels (5,8 M€), dont les musées de la romanité de Narbonne et Nîmes.
Stagnation des recettes
Le président de la Région évalue à 369 M€ l’impact des mesures de l’Etat depuis 2007 sur l’autofinancement de la Région, et à 100 M€ le manque à gagner, entre 2010 et 2014, avec la réforme de la fiscalité des collectivités, qui ôte à la Région son autonomie fiscale. Les recettes de la Région seront selon lui, soit en stagnation, avec des dotations budgétaires (363 M€) gelées au niveau du produit encaissé en 2011, des dotations de substitution à la fiscalité directe (241 M€) en hausse de seulement 1 %, une dotation fiscale de TIPP (103 M€) figée, soit en recul avec une fiscalité indirecte (125 M€) en baisse de - 1,9 %, du fait de la baisse des ventes de voitures. La collectivité entend maintenir une épargne brute élevée, « proche de son montant prévisionnel pour 2011, qui devrait s’élever aux environs de 215 M€ ». Les dépenses de fonctionnement relatives à la dette, au personnel et aux dépenses de structures devraient progresser de 5 % « du fait de la progression des frais financiers (+ 2 M€) et d’une hausse limitée à 2,2 % des dépenses de personnel. Le poids de la detteé étant qualifié « d’insignifiant par rapport à celui de l’Etat », le recours à l’emprunt devrait augmenter d’ici à la fin du mandat, en 2014. « Nous allons payer le quart du TGV, qui s’élève à 3 Md€. Mais nous n’allons pas dépasser les 350 € par habitant, contre 250 € par habitant. En comparaison, l’Etat est endetté à hauteur de 20 000 € par habitant. Nous sommes l’Etat-Région ». Il a assuré n’avoir aucun difficulté à contracter des emprunts auprès des banques. « Si nous étions notés, nous serions A+++ ».