Le conseil régional a voté ce matin en faveur d’une réorganisation de sa politique touristique. Elle donne plus de poids à Sud de France Export, au détriment du Comité régional du tourisme. Sud de France assurera, à partir du 1er octobre, outre la démarche Qualité Sud de France, les missions de « promotion et de communication touristiques ainsi que les systèmes d’information qui étaient jusqu’à présent dévolus au Comité régional du tourisme ». Le CRT aura désormais deux missions essentielles : « coordonner les actions de promotion sur la destination menée par Sud de France et par tous les autres partenaires, et assurer le secrétariat général d’un conseil consultatif du tourisme », qui sera l’assemblée générale du CRT. Quant à l'Observatoire du tourisme du CRT, il est désormais rattaché directement à la Région.
Selon le président du conseil régional, Christian Bourquin, « le succès de Sud de France nous impose cette décision. 6 000 produits sont référencés dans le monde entier. Notre territoire lui-même est une destination Sud de France et on vient le consommer », a ajouté l’élu, qui a affirmé que « ceux qui nous intéresse, ce sont ceux qui ont le porte-monnaie rempli ». Il a réaffirmé vouloir faire du tourisme une « priorité économique majeure », avec un budget de 32 M€ en 2011, et un budget total de 72 M€, en ajoutant les actions de formation.
« Marche arrière » pour l’opposition
Pour le maire UMP de La Grande-Motte, Stéphan Rossignol, il s’agit d’une « marche arrière toute » : « le CRT va être désossé et Sud de France Export porté au pinacle. Il est difficile de déceler le signe annonciateur d’un renouveau de l’action régionale. » Il a également regretté que la Région ne consacre « que 2 % de son budget » au tourisme. Un chiffre revue à la hausse par l’élue Front national France Jamet, qui a dénoncé les « 3,5 % du budget régional » consacrés au tourisme « alors qu’il représente 15 % du PIB régional ». « Comme Jacques, vous créez à tour de bras des SEM. Vous externalisez pour mieux occulter », a accusé l’élue d’extrême-droite.
Bientôt « Sud de France neige »
Président de Sud de France Export, le Lozérien Alain Bertrand a critiqué à la fois le CDT de Lozère, présidé par Jacques Blanc, qualifiant ses réunions de « couillonnades », et le CRT dont « on ne sait pas ce qu’il fait ». « Il faudra retrouver des cibles et miser de l’argent sur actions efficaces. On en a vraiment besoin en Lozère ! » Vice-présidente en charge du tourisme, Agnès Jullian a expliqué le rôle du conseil consultatif, qui sera « un lieu de réflexion et de suggestions qui réunira les acteurs de cette économie ». « Nous voulons créer les conditions de l’attractivité, à l’échelle de 2020 ou de 2030 ». « Notre objectif, c’est de structurer le tourisme pour construire le tourisme du XXIe siècle ». Christian Bourquin, qui a ironisé sur le « manque de moral » de l’opposition, a assuré qu’il mettrait « la marque Sud de France à la disposition des CDT. On peut imaginer un Sud de France P.-O, ou un Sud de France Gard. On le fera pour la neige, avec Sud de France neige. J’ai vu les professionnels de la neige, cet été : ils sont tous d’accord ».