La pénurie de femmes dans les métiers porteurs persiste
Des dirigeantes d’Orange, Sanofi et de la BPCE ont témoigné de leurs difficultés à recruter des femmes sur des métiers jugés porteurs, le 8 mars lors du forum Capital filles Occitanie à Castelnau-le-Lez. « Il n’y a pas de chômage sur les métiers techniques liés aux réseaux télécoms. Les profils féminins sont peu représentés », a pointé Véronique Étienne, responsable égalité professionnelle chez Orange. Le constat est partagé par Mylène Dumon, directrice de programme, sur le site R&D de Sanofi à Montpellier. Des opportunités sont non pourvues par le public féminin sur des postes de chef de projet ou Scrum Master (chef de mélée, NDLR): « Il y a des perspectives d'embauches pour des métiers du digital, encore peu connus des femmes.»
Les filières scientifiques en désaffection
Devant un parterre de lycéennes de la région, Mylène Dumon a préconisé d’effectuer des études dans les filières scientifiques, subissant pourtant une désaffection, qui vont permettre de développer un esprit logique : « dans notre entreprise, il y a peu d’ingénieurs, mais beaucoup de profils issus de la science qui bascule ensuite vers le digital. » D’après Véronique Étienne, la réforme du baccalauréat mise en place en 2019 ne va pas constituer un terreau favorable à l’insertion du public féminin. « Il y a eu un écroulement de la représentation des filles au sein des filières scientifiques. De même les écoles d’ingénieurs vont intégrer dans leur effectif 50 % de diplômés issus des DUT scientifiques où les femmes ne figurent pas. »
Opportunités dans le développement informatique
Les métiers du développement informatique ont aussi pâti d’un manque de diplômées scientifiques chez Orange : « Nous comptons plus de développeuses dans nos implantations au Maroc, en Égypte, en Roumanie, ou en Pologne qu’en France », a indiqué Véronique Étienne. Coralie Melet analyste de développement au sein d’IT-CE (Informatique et Technologie- Caisse d’Épargne) -groupement d'Intérêt Économique (GIE) du Groupe BPCE- a pointé également un faible contingent féminin dans le champ de la formation continue : « Lors de ma reconversion entamée il y a six ans, j’étais souvent la seule femme dans mes groupes de formation. » Son département, situé à Toulouse, a mis en place des normes de parité et peut compter à ce jour sur 40 % d’employées.










