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Energies
| 18/03/2011

La filière photovoltaïque s'inquiète pour son avenir

Une centaine de personnes ont participé, ce matin, à la table ronde organisée par le club Energies 34 des CCI de Béziers, Sète et Montpellier et le groupement d'entreprises Cemater sur le thème « l’avenir des énergies renouvelables ». Une large partie de la matinée était consacrée à la parution du décret du 4 mars rebattant les cartes sur les conditions de développement de la filière photovoltaïque. Le décret prévoit notamment une baisse des tarifs de rachat de l’ électricité de l’ordre de 20 % et la mise en place d’appels d’offres pour des puissances supérieures à 100 KWc. Pour maître François Ferrari, avocat à Béziers, qui ouvrait le débat « c’est une volonté de mailler le territoire avec des petites puissances inférieures à 100 MWc et de laisser les puissances supérieures à 100 MWc à quelques gros groupes ». Comme pistes de réflexion à cette nouvelle donne, François Ferrari estime qu’il faut « travailler les coûts » et « équiper les collectivités locales pour lesquelles le financement et la rentabilité sont des contraintes secondaires. »
Organisation de la filière
Du côté du syndicat national Ser Soler, représenté par Arnaud Mine son président, également président de la PME régionale Urbasolar, la filière ne peut reprocher à l’administration de s’émouvoir de l’explosion de la facture due au développement du photovoltaïque : « c’est l’argent du contribuable dont il s’agit ! Il est normal qu’elle s’émeuve de la facture ». Pour le président du Ser Soler, ce marché n’a pas explosé sur des motivations environnementales mais sur une motivation financière. « Combien y a-t-il de hangars agricoles qui n’existent que pour accueillir du photovoltaïque sur leurs toits, des parkings qui se portaient très bien sans ombrières ou des serres qui ne verront jamais une seule plante ? », s’interroge-t-il. « Il faut être lucide. Certaines entreprises ont des pratiques sujettes à caution. Une partie du problème a été générée par nous-même ». Pour Arnaud Mine, il manque un plan industriel de développement de la filière élaboré par les professionnels.
Portefeuilles en baisse
Parmi les participants à la table ronde, Jean-Marie Bouchet de JMB Energie. Il estime que ce que vit le photovoltaïque est ce qu’a vécu l’éolien. « Dans une première phase, l’Etat a voulu amorcer la pompe. Maintenant il s’agit de passer à la seconde étape qui est la régulation du marché pour atteindre l’objectif des 5 400 MW en 2020 ». Selon le chef d’entreprise, « on est parti pour un moratoire d’au moins deux ans. On ne fera pas grand chose sinon ce que l’on a en portefeuille », et ce portefeuille a baissé de 50 à 60% pour JMB Energie. Egalement présente à la table ronde, Stéphanie Andrieu, directrice générale d’Urbasolar mais également présidente de la commission Industrie à la CCI de Montpellier, évoque « un resserrement du marché du photovoltaïque sur le résidentiel. » Résultat : « les entrepreneurs qui ont tout misé sur le photovoltaïque sont en danger. On est tous préoccupés par le remplissage du carnet de commandes ».
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