Julien Tognola (Dreets Occitanie) : « Il nous faut accélérer sur la décarbonation »
Six mois après son arrivée à la tête de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) Occitanie, Julien Tognola livre à La Lettre M ses priorités pour l’économie régionale en 2023.
Vous étiez le mois dernier aux côtés de Pierre-André Durand, préfet de Haute-Garonne et d’Occitanie, pour faire le point sur le déploiement du plan France 2030 en région. Qu’en retenez-vous ?
Avec 885 M€ de crédits alloués aux entreprises régionales depuis le lancement (fin 2021, NDLR) de France 2030, l’Occitanie fait partie des trois régions les mieux dotées. C’est une très bonne nouvelle pour les entreprises, toutes tailles et tous secteurs confondus. Je note aussi que depuis le début de cette année, 4 % des porteurs de projet lauréats en Occitanie sont des acteurs émergents et qu’au global, plus de huit porteurs régionaux sur dix sont des PME, ETI, laboratoires et collectivités.
Toujours sur France 2030, quel est l’enjeu en 2023 dans notre région ?
Il nous faut accélérer sur la décarbonation* de l’économie régionale, qui sera l’un des leviers de sa compétitivité demain. En Occitanie, l’industrie émet 3,5 M de tonnes de CO2 par an, soit 4 % des émissions industrielles françaises, ce qui n’est pas négligeable. Nous accompagnons déjà trois cimentiers de la région dans la définition d’une feuille de route et d’un calendrier de réduction de leurs émissions et nous allons aller plus loin. Avec l’Ademe, nous avons pour objectif de cibler les 50 sites les plus émetteurs de la région et de les soutenir dans leur stratégie de décarbonation, du diagnostic jusqu’aux investissements à mettre en œuvre.
L’économie régionale vous semble-t-elle définitivement sortie des zones de turbulences qu’elle a traversées ces dernières années ?
Plus de 30 000 emplois ont été créés dans la région en 2022 et les perspectives de recrutement sont très positives, notamment dans l’aéronautique. Malgré tout, les conséquences de ces crises – approvisionnement et énergie notamment – se font encore sentir dans certains secteurs, donc nous restons très vigilants en surveillant de près des indicateurs tels que les plans de sauvegarde de l’emploi (112 PSE ont été enregistrés en 2022 en Occitanie pour un total de 1 573 salariés impactés, NDLR) ou l’activité partielle.
En termes d’emploi, les perspectives sont certes positives mais encore faut-il trouver des candidats. Quelles réponses pouvez-vous apporter aux entreprises qui peinent à recruter ?
Ces difficultés de recrutement qui persistent malgré un taux de chômage encore élevé dans la région sont un vrai sujet pour nous. Dans le cadre de France Travail, un accompagnement renforcé des personnes les plus éloignées de l’emploi est prévu, ainsi qu’une meilleure coopération entre les acteurs afin, notamment, que les candidats et les employeurs aient un accès plus simple à l’information et aux dispositifs. En attendant la mise en place de France Travail (dont le déploiement débutera en 2024, NDLR), nous lançons une expérimentation régionale ciblée sur la filière aéronautique, très concernée par ces difficultés. L’idée est de constituer des équipes pluridisciplinaires réunissant nos services, ceux de la Région, des Opco, des missions locales… et d’aller visiter, avant l’été, 40 entreprises du secteur, une par une, pour cerner précisément où se situent les freins en termes d’emploi et leur proposer l’ensemble des solutions adaptées à leur problématique.
* La Dreets Occitanie et la délégation régionale de l’Ademe ont animé le 26 avril un webinaire pour accompagner les entreprises industrielles dans la décarbonation de leurs process. Son replay est disponible ici.











