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Pyrénées-Orientales
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Emploi
| 8/07/2011

Jean-Paul Alduy : « Pôle Emploi doit passer à la culture de la performance »

Rapporteur de la mission demandée par le Sénat sur la fusion de l’Assedic et de l’ANPE qui s'est opérée en 2008 (coût : 500 M€), le sénateur perpignanais Jean-Paul Alduy, accompagné du député de Meurthe-et-Moselle, Laurent Hénart, ont rendu compte des résultats de cette mission, le 6 juillet.« Cinq mois de travaux ont été nécessaires. Plus d’une vingtaine de rencontres en région parisienne, Nord-Pas-de-Calais et Hautes-Pyrénées ont été organisées », souligne Jean-Paul Alduy. « Ce rapport a été soumis au vote. Le PS et les Verts se sont abstenus, le PC a voté contre tandis que les entristes ont rejoint la majorité présidentielle UMP en votant pour. » Cette mission d’information avait pour objectif d’évaluer le fonctionnement de Pôle Emploi et de dresser des propositions pour améliorer le service attendu par les demandeurs d’emploi et les entreprises. « Critiquée, la fusion s’est opérée dans une période de crise, marquée par une hausse du chômage qui s’est traduit par une dégradation de l’accompagnement des demandeurs d’emploi, fait remarquer Jean-Paul Alduy. Quelques erreurs ont été commises concernant l’idée d’imposer un métier unique ou encore la mise en place tardive du logiciel Neptune.»
Une réforme utile
Pour autant, les deux élus ont déclaré que « la réforme a été nécessaire et utile. Il reste encore des voies de progrès. » La mission débouche sur une trentaine de propositions, qui concernent la gouvernance de pôle emploi, le pilotage par la performance, les services aux demandeurs d’emploi et aux entreprises, le contrôle de la recherche d’emploi, les moyens alloués à Pôle Emploi, les partenariats. Ainsi, pour parachever la fusion, la mission propose de renforcer le dialogue entre l’Etat et l’Unedic, notamment sur l’axe budgétaire, ou encore d’élargir le conseil d’administration aux communes et départements. « Il s’agit de passer de la culture du chiffre à la culture de l’accompagnement et de la performance », précise Jean-Paul Alduy. « Il s’agit aussi d’aller vers moins de centralisation en laissant plus d’initiatives aux responsables locaux et aux conseillers de Pôle Emploi. » Pour Laurent Hénart, « on doit travailler sur le capital humain. On doit avoir des règles et des raisonnements différents.»
Accélérer et faciliter le retour à l’emploi
Le budget serait alors abordé sur la base d’actions ciblées et induirait l’instauration de primes de résultats pour les managers de Pôle Emploi et leurs équipes. Par ailleurs, le suivi des demandeurs d’emploi n’étant pas au rendez-vous (un conseiller gère en moyenne 105 demandeurs d’emploi contre 60 prévus par la fusion) la mission propose de redéployer les effectifs et de cibler les moyens pour atteindre le ratio de 60 demandeurs d’emploi par conseiller. En parallèle, il est envisager de mieux mobiliser les aides sur les publics handicapés, de laisser plus de liberté aux opérateurs privés de placement, de renforcer les efforts d’informations auprès des entreprises et d’appuyer sur la formation. « Cet effort visant à accélérer le retour à l’emploi est source de gain financier mais aussi sociaux », précise Jean-Paul Alduy. Selon lui, un mois de chômage en moins par demandeur d’emploi représente 2 Mds € d’économie. « Il faut savoir que les moyens consacrés en France à l’accompagnement sont moindres qu’en Allemagne ou en Angleterre »l. Pour avoir une meilleure analyse des radiations, la mission demande un croisement des fichiers de Pôle Emploi et de l’agence centrale des organismes de sécurité sociale, qui centralise les déclarations uniques d’embauche.
Plus de lisibilité dans le service public de l’emploi
Pour simplifier le service public de l'emploi, la mission incite au regroupement des missions locales, des maisons de l’emploi et des Plie (plans locaux pour l’insertion et l’emploi) afin de mieux coordonner les actions. « Ce regroupement est déjà effectif sur Nancy. Il s’agit d’assurer le suivi social mais aussi le suivi de l’emploi des publics concernés. Nous arrivons à canaliser des cohortes de demandeurs d’emploi laissant ainsi plus de latitude à Pôle Emploi » précise Laurent Hénart. Autre axe majeur des propositions : déconcentrer Pôle Emploi. Pour la mission, la gouvernance du SPE resserrer les liens avec les collectivités territoriales. « Les communes et intercommunalités ont une légitimité car elles ont des compétences en matière de développement économique », précise Jean-Paul Alduy.
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