Jean-Luc Moudenc (Toulouse Métropole) : « Nous devons construire plus haut »
Comment faire face à la croissance démographique en assurant la sobriété foncière, densifier tout en renaturant la ville, sauvegarder le centre historique et améliorer la qualité des logements ? Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, est invité le 17 avril à échanger sur ces « paradoxes de l’aménagement » avec l’Ordre des géomètres-experts de Toulouse, présidé par Christian Rouaix. « Il y a de nouveaux défis à relever pour continuer à bâtir la ville, à développer notre territoire, indique l’élu toulousain. Je ne suis pas adepte de la décroissance, je pense que l’on doit continuer à se développer de façon vertueuse et durable. » Extraits choisis par La Lettre M.
Sobriété foncière et croissance de la population
« Cela fait une vingtaine d’années que la métropole toulousaine bat des records de croissance, avec en moyenne 5 000 nouveaux habitants par an. Cependant, la loi Climat et résilience de 2021 oblige les intercommunalités à diminuer de 50 % la consommation foncière dans les dix prochaines années, pour un objectif 2050 de zéro artificialisation nette. Avec Nantes et Montpellier, Toulouse fait partie des trois agglomérations très tendues par rapport à cet objectif, qui s’applique d’ailleurs à tous les territoires de la même manière. Le PLUi-H (plan local d'urbanisme intercommunal et habitat, NDLR) qui entrera en vigueur à la fin de l’année jusqu’à 2035, prévoit la construction de 7 300 logements par an. Un objectif quasi-identique à la production de ces dix dernières années. Nous devons donc construire plus haut. Aujourd’hui, seuls deux quartiers sont concernés par des projets d’extension : Paléficat et Malepère. La future ligne C du métro sera une zone d’impact considérable pour les transports en commun et un corridor qui permettra de développer l’urbanisme. »
Densifier tout en renaturant la ville
« Entre 2014 et 2020, nous avons augmenté de 10 % la superficie des espaces publics, multiplié par quatre le nombre de jardins partagés, et devrions planter 100 000 arbres d’ici à 2030. Cela nous permet de réintroduire du végétal dans la ville tout en poursuivant l’urbanisation. Je plaide pour deux compensations : un saut qualitatif architectural, qui permet de concilier le beau et le haut, et une végétalisation plus forte. Nous incitons d’ailleurs les acteurs publics, entreprises et particuliers qui ont du foncier à être acteurs de cette renaturation, comme sur l’Île du Ramier. »
Sauvegarder le patrimoine et améliorer la qualité des logements
« Depuis onze ans, nous mettons en œuvre une vaste opération de mise en valeur et de valorisation du patrimoine historique, chiffrée à 60 M€. Elle concerne notamment le Capitole, les deux basiliques, les quais de la Garonne et des éléments du patrimoine moderne comme les Halles de la Cartoucherie. Cette opération permet de rendre la ville plus belle, mais aussi de renforcer le secteur du tourisme. Concernant le centre ancien, le PSMV (plan de sauvegarde et de mise en valeur, NDLR) est en train d’entrer en vigueur, permettant un mouvement d’investissement vers le centre historique. Il va constituer une enclave considérable de 256 hectares à l’intérieur du PLUi-H. Il faut sauvegarder le patrimoine pour faire en sorte qu’il soit vivant, habité. »











