Jean-Luc Moudenc : « La métropole oui, mais la mégapole, non »
Dynamisme démographique, Ligne C du métro, RER métropolitain, crise du logement… : à l’occasion de ses traditionnels vœux à la presse, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, revient le 11 janvier sur plusieurs sujets d’actualité. Morceaux choisis.
Dynamisme de la métropole toulousaine. « Les derniers chiffres du recensement confirment le dynamisme démographique de Toulouse. Et au niveau économique, s’il fallait ne prendre qu’un seul exemple, je dirais que nous sommes très fiers des résultats d’Airbus, qui a engrangé en 2023 des commandes record. Nous voyons des actes concrets, porteurs de confiance en l’avenir, qui s’inscrivent à rebours du triste chant des oiseaux voulant nous condamner à la décroissance et à une spirale de déclin. »
Toulouse, bientôt 3e ville de France ? « Je laisse à d’autres le soin de s’exciter sur ce genre de perspective. La métropole oui, mais la mégapole, non. Le développement que je veux est qualitatif. »
Crise du logement. « En général, on ne nous applaudit pas lorsque nous construisons des logements. Mais il y a une très forte demande, d’autant plus en cette période de crise. Nous allons par conséquent continuer à urbaniser, selon les principes d'un nouvel urbanisme basé sur le développement durable et les performances énergétiques. Et il n’y aura pas d’urbanisation sans développement des équipements et des services publics de proximité. »
Vitesse limitée. « Dès la fin du mois, nous allons déployer la limitation de vitesse à 30 km/h dans 80 % des voies toulousaines. Dans cette ville qui grossit, nous voulons amener de l’apaisement, du calme et de la sérénité. »
Les lignes B et C du métro. « Les travaux de prolongement de la Ligne B du métro jusqu’à Labège se poursuivent sans difficulté. Ceux de la Ligne C avancent également bien : les Toulousains voient que nous ne leur avions pas menti en leur proposant un projet aussi ambitieux. En 2024, la grande étape sera l’arrivée des tunneliers. »
Les aménagements routiers. « Nous menons des projets routiers lorsque cela s’avère nécessaire. Je ne retiens donc pas la position dogmatique selon laquelle il faudrait ramener ces investissements à zéro. Pour autant, 90 % de nos crédits sont consacrés à la mobilité douce, alternative à la voiture individuelle. Par ailleurs, j’écarte l’idée - brutale et autoritaire - qui consisterait à piétonniser totalement et d’un seul coup l’hyper-centre de Toulouse. »
RER métropolitain. « Je participerai à la réunion du 24 janvier prochain. C’est un sujet à la fois important et complexe. Nous devons étudier cette idée, nous assurer d’un certain nombre de choses très concrètes. Je suis partisan d’une approche rationnelle et non pas émotionnelle. Nous devons savoir combien cela coûterait. Les premiers chiffres nous donnent des estimations assez faramineuses. Nous devons par ailleurs savoir quels travaux seraient à mener, dans quel calendrier. Et quelle serait la part de l’État ? A mon sens, puisque l’État impulse le projet, il doit porter la majorité des investissements, mais aussi des coûts de fonctionnement. Et enfin, il est nécessaire de vérifier l’efficacité et la pertinence du projet. Combien de voyageurs seraient concernés ? Combien de trajets en voiture seraient évités ? Quel volume d’émissions de gaz à effet de serre serait supprimé ? Il faut pouvoir mesurer le gain environnemental d’un tel projet. Sur le fond, bien entendu, je trouve intéressante l’idée d’aller chercher par le train à 30 ou 50 km des personnes qui font le trajet domicile-travail vers Toulouse. Des études sont en cours, portées par la Région. Si de cette idée, on pouvait faire un projet, j’en serais ravi. Mais nous n’avons pas parcouru tout le chemin… »











