Jean-Luc Moudenc : « En dix ans, 75 000 logements ont vu le jour dans la métropole toulousaine »
À moins d’un an des prochaines échéances municipales, Jean-Luc Moudenc, maire (ex-LR) de Toulouse et président de Toulouse Métropole, dresse le 8 avril devant la presse le bilan de dix ans de politique de l’habitat*. « En une décennie, 75 000 logements ont vu le jour dans la métropole toulousaine, dont 5 471 l’an dernier, indique l’édile, aux côtés de la socialiste Karine Traval-Michelet, vice-présidente en charge de l'habitat et du logement. C’est un enjeu majeur ; nous en avons fait un point de convergence entre des élus de sensibilités politiques différentes, en bâtissant des actions en commun. Avec le Pacte métropolitain pour le logement en 2021 puis le vote fin 2023 d’un plan de soutien de 32 M€ supplémentaires. »
« Nous sommes parvenus à faire la grande concorde, toutes sensibilités confondues, se félicite également Karine Traval-Michelet. Ce que nous avons mis en place dans les 37 communes de la Métropole nous permet de soutenir la production de logements locatifs sociaux afin de soutenir plus globalement la production de logements tout court. » La Métropole verse annuellement 52 M€ dans le cadre de sa politique de l’habitat dans toutes ses composantes (aides à la pierre, renouvellement urbain, gens du voyage, Fonds de solidarité logement…).
Droit de préemption
Au-delà du satisfecit et alors que la métropole toulousaine ambitionne d’accueillir chaque année plus de 7 000 nouveaux logements, les enjeux sont nombreux. « Face à la vitalité économique et démographique exceptionnelle de notre territoire, notre devoir est d’impulser une action visant à répondre aux défis de l’habitat, assure le locataire du Capitole. Il nous faut intensifier et diversifier la production de logements. Le socle de cette action métropolitaine est la maîtrise foncière. » Sur ce front, outre la création de ZAC – comme la Cartoucherie ou Grand Matabiau quais d’Oc –, Toulouse Métropole use régulièrement de son droit de préemption autour de grands projets urbains tels que la future ligne C du métro toulousain. L’an dernier, ce droit a ainsi été exercé sur 225 déclarations d'intention d'aliéner (DIA), ce qui représente une enveloppe globale de 132 M€. « Et au fur et à mesure que le métro progressera, cela va se développer, prévient Jean-Luc Moudenc. Car notre objectif est de faire coïncider habitat et transport en implantant dans le périmètre de chaque station une résidence à vocation sociale ; ce que le marché ne produirait pas forcément spontanément. »
« Les métropoles ne sont pas des îlots de riches »
Entre 2014 et 2024, Toulouse Métropole a accompagné la création de 29 386 logements sociaux. « Cela vient heurter un préjugé, estime Jean-Luc Moudenc. Nous avons d’ailleurs dépassé nos objectifs en la matière. Et alors que ses habitants représentent 13,5 % de la population régionale, Toulouse Métropole a produit à elle seule 23 % des logements très sociaux en Occitanie. Ainsi, contrairement à ce que disent certains, en particulier dans les extrêmes, les métropoles ne sont pas des îlots de riches où se concentrent les gagnants de la mondialisation. » De son côté, Karine Traval-Michelet rappelle l’engagement de la Métropole : « Construire 2 450 logements locatifs sociaux par an. » L’élue, qui est par ailleurs maire de Colomiers, voit dans le futur PLUi-H (Plan local d’urbanisme intercommunal-habitat) de Toulouse Métropole « l’opportunité d’un soutien très fort » à cette dynamique, tout en reconnaissant « des injonctions contradictoires ». « Il faut construire plus, plus vite et mieux en utilisant le moins possible d’espaces naturels », résume-t-elle en évoquant l’objectif de zéro artificialisation nette (Zan) des sols.
*Toulouse Métropole a vu le jour en 2015











