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Transports - Logistique
| 3/05/2017

Investissements, stratégie : Jean-Claude Gayssot confie ses priorités pour le port de Sète

Interrogé par La Lettre M suite à sa nomination à la présidence de l'EPR Port Sud de France, Jean-Claude Gayssot, affirme sa volonté « de réussir le projet stratégique 2015-2020. C'est ma priorité ». Environ 130 M€ doivent être investis d'ici à 2020 (public et privé). L'objectif est d'atteindre 4,6 MT pour le port de commerce (3,8 MT en 2016),
250.000 passagers et un CA de 21 M€ (16 M€ en 2014). Il s'agit aussi de « donner une dimension conséquente au développement durable, avec le photovoltaïque (34.000 m2 des hangars vont être transformés), la future plateforme intermodale fer/mer/routage/canaux (projet Modalohr) et le passage du canal du Rhône à Sète au gabarit de 2.500 t, au lieu de 1.500 t aujourd'hui ».

Sont prévus, en matière d'investissements publics :
- Nouvelle gare maritime (45 M€, Région, livraison mi-2021). 
- « Casier » de 18 ha sur la zone Zifmar pour la réalisation d’un terre-plein, sorte d'extension du port, afin d'accueillir le projet de la compagnie pétrolière BP.
« On supprimera le sealine et on réalisera l’appontement pour les pétroliers. » Investissement : 5 M€ (Région). Livraison fin 2018. 
- Nouveau hangar à bétails (3 M€), livraison début 2018. Financement : EPR Port Sud de France. 
- Un ha de terre-plein, en 2018, pour le développement de la ligne opérée par l'armement Ekol avec la Turquie. 500 k€. Financement : EPR Port Sud de France.
- Nouvelle grue mobile en 2018. 3 M€. Financement : EPR Port Sud de France.

Investissements public-privés : plateforme intermodale Modalohr, prévue pour fin 2018. Investissement : 8 M€.

Investissement privé :
- Appontement pétrolier BP. 50 M€ d'investissements. Livraison mi-2020.
- Construction du hangar vrac agro : 8 M€ (mi-2019). 
- Nouvelle filière vrac industriel à l’import : 3 M€ (2019).
- Création des fermes photovoltaïques : 8 M€ (de 2017 à 2019).

Enfin, la signature d'une convention avec Conhexa (Dunkerque), pour la reprise de l'exploitation du terminal frigorifique, est prévue le 23/5, « avec l'objectif de réception des premiers trafics fin 2017 », précise l'ex-ministre des Transports de Lionel Jospin. 

La place du port de Sète dans la nouvelle région

Contacté par Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, pour succéder à Marc Chevallier, en raison de son expérience et de son carnet d'adresses, l'homme, aujourd'hui âgé de 72 ans, insiste sur le poids économique du littoral méditerranéen. « Nous sommes la première région méditerranéenne de France en superficie, en nombre d’habitants et en attractivité. Toulouse est la capitale de cette première région méditerranéenne. Cette façade maritime sur la Méditerranée constitue, de manière géostratégique, économique et politique, un des grands enjeux du développement et de la stabilité du monde. J’ai trouvé un port en état de marche, et j'arrive à un moment où, mondialement parlant, tout le monde mesure l’enjeu de la Méditerranée et du Sud. 500 M d’habitants qui entourent la Méditerranée. Avec l'aéronautique, le spatial, l'agroalimentaire, le secteur vitivinicole et le tourisme, Sète peut devenir la solution logistique des chargeurs d'ex-MP. Même si je comprends qu’il y ait des liens historiques de Toulouse avec Bayonne et Bordeaux… L'Occitanie, c'est bientôt 6 M d’habitants, 50.000 habitants de plus par an, une inscription dans l'eurorégion (15 M d'habitants avec la Catalogne), 500.000 étudiants, un gros potentiel R&D, une croissance économique. Si nous travaillons efficacement avec les industriels et les CCI, Sète aura sa place. »

La gouvernance commune avec les autres ports

Préconisée par le Ceser Occitanie, la mise en place d'une gouvernance commune des ports (Sète, Port-la-Nouvelle, Port-Vendres, L'Ardoise) figure sur sa feuille de route. « Je suis pour, sous l’égide de la Région, lancer dans les prochains mois, la préfiguration de ce que pourrait être une gouvernance commune à réaliser d’ici la fin du projet stratégique 2015-2020 », explique-t-il. La réflexion englobera « tous les acteurs concernés, les ports, ceux dépendant de la Région et les autres (Port Vendres dépendant du conseil départemental des Pyrénées-Orientales), le Ceser, les élus des territoires concernés, les représentants de l’Etat, les organisations syndicales et professionnelles, les CCI » Le Biterrois évoque une gouvernance « commune, mais pas unique ». Ce sera une gouvernance « sans dominant ni dominé, basée sur la complémentarité ». Cette phase préparatoire sera aussi l'occasion « de travailler sur le projet régional portuaire stratégique 2021-2025 ».

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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