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Hérault / Lozère
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Energies
| 6/11/2024

Hydrogène décarboné : Genvia va tester sa technologie dans l’usine Arcelor Mittal de Saint-Chély d’Apcher

Site Arcelor Mittal de Saint-Chély-d'Apcher
© Genvia

Acteur de la production d’hydrogène décarboné, l'entreprise biterroise Genvia signe le 4 novembre un contrat de test* avec ArcelorMittal et son usine lozérienne de Saint-Chély d’Apcher, où l'industriel produit 100 000 tonnes par an d’aciers électriques haute performance, notamment pour les constructeurs automobiles. Dans le cadre de cet accord, le site recevra, fin 2025, un démonstrateur Genvia “SEOL200“ capable de produire 200 kg d’hydrogène par jour à partir de l’électrolyse vapeur haute température (700°), une technologie brevetée du CEA. « Cela représente 70 à 80 % de nos besoins d’hydrogène, aujourd’hui issu du méthane », explique Bruno Ribo, directeur des opérations d'Electrical Steel Arcelor Mittal Flat Europe.

40 brevets en 3 ans
Les travaux de génie civil nécessaires pour préparer l’arrivée du démonstrateur démarrent début 2025 à Saint-Chély d’Apcher. Le test en exploitation durera « de six mois à un an, selon la présidente de Genvia Florence Lambert. C’est un formidable véhicule d’apprentissage. »Fondé en mars 2021 par le duo CEA et SLB avec les actionnaires minoritaires Vinci Construction, Vicat et l’Agence régionale énergie climat (Arec Occitanie), Genvia a inauguré à l’été 2023 sa ligne-pilote sur le site de l’usine biterroise SLB (ex-Cameron). Genvia y a fabriqué une réplique du futur démonstrateur de Saint-Chély d’Apcher et travaille en permanence sur la simplification des process de production et l’amélioration de la performance. « En trois ans, 40 brevets ont été déposésdoublant le portefeuille initial. Nous avons protégé toute la chaîne de valeur », affirme Florence Lambert. Côté emploi, l’effectif atteint 90 personnes à Béziers - dont les techniciens et opérateurs mis à disposition par SLB - et 160 avec les équipes de Grenoble et Clamart (92). Outre la sidérurgie, Genvia a en ligne de mire les marchés de la chimie, des industries de la chaleur, du raffinage, des carburants de synthèse pour l’aviation - un accord d’études avec Airbus est soutenu par la Région Occitanie - ainsi que « les réacteurs nucléaires du futur, SMR ou EPR », indique Florence Lambert. La présidente envisage la sortie du premier produit Genvia, un module de 1 mégawatt, pour la fin 2026.

Un marathon... 
Où en est l'implantation d'une giga factory, projet soutenu par un financement de 200 millions d'euros dans le cadre de France 2030 ? Dans la feuille de route de Genvia, le démarrage d'une factory deuxième génération est évoqué pour 2027-2028. Genvia et l’aménageur Viaterra de Béziers Méditerranée ont annoncé fin janvier un protocole foncier pour étudier en priorité l’implantation dans la zone de Mazeran, à Béziers (retenue en avril comme l'un des 55 sites clés en main du plan gouvernemental de réindustrialisation). Pour que rien ne freine le projet, « un groupe de travail ‘foncier et autorisations’ se met en place ce mois-ci », assure le préfet de l’Hérault François-Xavier Lauch. « Il va falloir s’inscrire dans la durée, c’est un marathon », conclut Florence Lambert.
*le montant du contrat est confidentiel

Sylvie Brouillet / rédaction.montpellier@lalettrem.net
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