Hérault/Commerce - Pierre Mestre vise 40 000 adhérents pour son site www.clubatcost.fr
Pierre Mestre, pdg d’Orchestra Kazibao (vêtements pour enfants), a présenté mardi soir au Medef Hérault son nouveau site de vente en ligne www.clubatcost.fr, qui vend des vêtements au prix de production. « Notre marge est dans la cotisation des adhérents. L’équilibre se situe à 40 000 cotisants. Les coûts fixes se situent autour de 6 M€. Avec une cotisation annuelle de 150 €, le consommateur fait 4 000 € d’économie. » Un modèle économique simple, et qui fidélise. « La fidélité du client, dans une période hyper concurrentielle, est essentielle. L’abonnement est un moyen de s’attacher la clientèle, c’est ce que font les hyper avec leur carte de fidélité. »?Pour le fondateur d’Orchestra, Internet va révolutionner le commerce dans les dix prochaines années : « Le comportement du consommateur jeune est radicalement différent. La génération Nintendo, dans cinq ou dix ans, va bouleverser nos habitudes de travail. Ça ne va pas tuer le commerce ni la distribution, mais ça va changer les méthodes, qu’on soit en commerce de gros et de détail. Les jeunes achètent le soir sur Internet quand ils rentrent à la maison et le week-end, ils vont se balader ou boire un coup mais ne font pas les magasins. »?Pierre Mestre se dit d’ailleurs opposé à l’ouverture des grandes surfaces le dimanche et aux soldes flottantes, qualifiées de « grosse bêtise ». « Les soldes flottantes amènent une confusion dans l’esprit du consommateur, a-t-il affirmé. Avant, les soldes, c’était -30 % à la fin de la saison. Le commerçant ne gagnait rien, il vendait ce qu’il lui restait. Aujourd’hui, les soldes, je les vois dans les usines en train d’être fabriquées… »??Pour le village des marques?Il se dit plutôt favorable au projet de village de marques à Odysseum 2. « L’agglomération montpelliéraine est en croissance permanente et cette expansion est inéluctable. Les promoteurs et collectivités ont toujours pris de l’avance sur l’organisation de la cité. Si le développement de l’offre ne suit pas la cadence des flux démographiques, des rentes de situation se créent, avec des explosions de valeurs de fonds de commerce ou de loyers. A Montpellier, le dynamisme démographique doit donc se doubler d’un dynamisme économique, et ce dynamisme économique doit se traduire par la création de m2. » Le concept de remises allant jusqu’à 70 % le fait néanmoins sourire. « Une marque peut bien faire 50 % de remise, quand elle fait 90% de marge brute l’année de lancement de sa collection ! » ?Il explique l’implantation d’un magasin Orchestra au pôle commercial d’Odysseum (ouverture en septembre), « plus pour des raisons d’image que pour des raisons purement commerciales. On ne peut pas se permettre d’avoir des franchisés dans 46 pays et ne pas être dans ce centre commercial qui sera une référence d’équipement commercial régional, avec un nombre d’enseignes tel que son attractivité dépassera Montpellier ».?Le créateur du Domaine de Verchant (Castelnau-le-lez) a eu des mots très durs vis-à-vis des acteurs de la grande distribution. « Je les ai quittés il y a dix ans. Heureusement, sinon ils m’auraient coulé. Ils n’ont pas de respect pour la parole et pour les hommes. Pour eux, gagner de l’argent, c’est le voler à celui qui est en face. Ils sont éduqués comme ça, pour ça. On ne peut pas construire avec eux et ce qui fera leur mort. Si on n’est pas capable d’aimer son partenaire commercial, de l’aimer et de le respecter, de comprendre que lui aussi il doit vivre, à un moment donné ça se retourne contre soi. Si en France, les grandes surfaces spécialisées comme Kiabi, Gemo, La Halle au Vêtement ou La Halle aux Chaussures existent, c’est parce que la grande distribution n’a cherché qu’à les prendre à la gorge et à transformer leurs affaires en pertes. »?Pierre Mestre a par ailleurs dévoilé que le restaurant au Domaine de Verchant ouvrirait « dans 4 à 6 mois », avec une carte « allégée » concoctée par les frères Pourcel.??H.V.










