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Hautes-Pyrénées / Lot
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Industrie
| 25/03/2021

Groupe Cahors : un accord trouvé entre le PDG Grégoire Libert et le personnel en grève

Le conflit qui dure depuis plusieurs mois au sein du Groupe Cahors (solutions électriques basse et moyenne tensions) pourrait prendre fin. Le PDG de l'entreprise Grégoire Libert et les partenaires sociaux ont en effet trouvé un accord ce 25 mars, au terme de longues semaines de grève, jalonnées par les interventions de plusieurs élus locaux, qui déploraient le silence du chef d'entreprise.

« Nous avons décidé de revenir sur la suppression des acquis sociaux, notamment les chèques Cesu et la médaille du travail, afin de remobiliser le personnel pour la reconstruction de l'entreprise », indique à La Lettre M Grégoire Libert. « Le groupe était en faillite lorsque je l’ai repris (en octobre 2019, NDLR). Il avait 100 M€ de dettes et venait d’enregistrer 35 M€ de pertes sur les quatre dernières années », rappelle-t-il pour expliquer les restrictions de ces derniers mois. « Le groupe était dans une situation telle qu’il a d’abord fallu se concentrer sur l’urgent : réduire les dépenses. Il y a en effet eu des licenciements, notamment dans les services support qui étaient trop nombreux, mais on parle de moins de 120 personnes, soit moins de 5 % des effectifs », tempère le chef d’entreprise qui note que malgré les efforts accomplis, le Groupe Cahors a encore cumulé 10 M€ de pertes en 2020. « Nous avons passé le plus dur : nous avons réussi à boucher les trous du bateau qui prenait l’eau, désormais, nous pouvons nous redévelopper », indique Grégoire Libert. « Grâce à l'accord trouvé aujourd'hui, le Groupe Cahors et son personnel vont pouvoir retrouver le lustre d'antant », se félicite-t-il.

Neuf plans de licenciement depuis la reprise

Depuis la reprise du groupe en octobre 2019 par Grégoire Libert, pas moins de neuf plans de licenciement ont été déployés. Cahors International a déposé le bilan en décembre 2020, tandis que la Maec (Manufacture d'appareillage électrique de Cahors, filiale du Groupe Cahors, 400 salariés à Cahors), a été placée en cessation de paiement. Face à la situation, les salariés de la Maec et ceux de la filiale Pommier (Bagnères-de-Bigorre - 65) étaient mobilisés depuis plusieurs semaines, l’intersyndicale revendiquant notamment la « garantie du maintien de l’emploi dans les différentes entités du groupe », la « mise en place d’une stratégie industrielle pour développer le groupe », l’ouverture d’« un véritable dialogue social avec les instances représentatives du personnel » ou encore la « transparence sur le suivi économique et financier de l’entreprise ».

En effet, le manque de communication du PDG sur sa stratégie industrielle a jusqu'à présent largement été critiqué. D’anciens salariés du groupe témoignent avoir été licenciés sans explications. « Si au moins les premières vagues de licenciement avaient servi à quelque chose, je me verrais comme une victime collatérale d’un plan ayant permis de sauver l’entreprise, mais on voit bien que ça n’est pas le cas ! », déplore un ancien membre du personnel. Contacté par La Lettre M, un autre ancien collaborateur licencié se demande si Grégoire Libert n’a pas pour ambition de « dépecer le groupe et de revendre les usines une par une pour faire une bonne opération financière ».

Démantèlement ou stratégie industrielle ?

Des élus régionaux semblent avoir les mêmes craintes. « Nous demandons au PDG, M. Libert, de stopper le démantèlement de l'entreprise. […] D'autres voies sont possibles et la priorité doit être l'avenir industriel du site et l'emploi », ont déclaré le 25 mars Carole Delga, présidente de la Région, Michel Pélieu, président du conseil départemental des Hautes-Pyrénées, Viviane Artigalas, sénatrice des Hautes-Pyrénées, et Maryse Carrère, sénatrice des Hautes-Pyrénées. Même discours chez les élus lotois : Serge Rigal, président du conseil départemental du Lot et Jean-Marc Vayssouze-Faure, maire de Cahors et président du Grand Cahors, demandent, soutenus par Carole Delga, « la mise en œuvre d'une véritable stratégie industrielle et l'arrêt du démantèlement de l'entreprise ». Et la présidente de Région d'ajouter : « Si M. Libert a un projet industriel pour le Groupe Cahors et ses filiales, je l'invite à agir de toute urgence […]. Je réitère mon engagement de le recevoir pour envisager avec lui les différentes pistes d'accompagnement possibles ».

Pour Grégoire Libert, ces critiques sont infondées. Il estime que son projet est clair et indique vouloir investir 4 M€ dans le groupe en 2021 dans les services R&D et dans la rénovation des équipements de production. « Nous avons même 60 postes à pourvoir dans les usines », indique le PDG qui affirme avoir sollicité Carole Delga, et n’avoir eu aucun retour. « Croyez-bien que j’ai tout intérêt à la rencontrer si elle est prête à apporter une aide au Groupe, assure-t-il à La Lettre M. Il est temps d'arrêter de regarder dans les rétroviseurs et d'aller de l'avant. »

 

 

Bérengère Bosi / bosi@lalettrem.net
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