GRDF veut tripler la part de gaz vert en Occitanie d'ici à 2028
« En 2028, la part de gaz vert en Occitanie devrait être portée à 14 %, contre 3,7 % l’an dernier et 5 % cette année », assure le 9 décembre Alban Mathé, directeur régional de GRDF. Une trajectoire alignée avec les objectifs de long terme affichés par le gestionnaire du réseau de distribution : atteindre 20 % de gaz vert en 2030 et 100 % en 2050. « Un mix énergétique complet incluant le gaz vert est essentiel pour décarboner les usages de l'ensemble des secteurs à coût maîtrisé », estime le dirigeant, pour qui « la transition énergétique ne doit pas se faire au détriment des finances publiques, de la compétitivité des entreprises et du pouvoir d’achat des ménages ». En Occitanie, GRDF compte 822 salariés et dessert 831 communes.
Déployé depuis 2024 au niveau national, le plan de décarbonation de GRDF s’appuie à la fois sur l’accélération du développement et du déploiement du gaz vert, la réduction de ses propres émissions de gaz à effet de serre et celle de ses clients. « La nécessité de la transition, plus personne n’en doute, assure Alban Mathé. Le changement climatique nous saute à la figure tous les jours ; ce que nous redoutions pour demain ou après-demain se déroule hélas dès aujourd’hui… »
Réduire les consommations
Dans ce contexte environnemental chaotique, conjugué aux problématiques géopolitiques bousculant les équilibres du marché de l'énergie, GRDF mise en premier lieu sur l’accompagnement des consommateurs de gaz en vue de réduire leur empreinte carbone. « Avec près de 20 000 kilomètres de réseau, nous desservons 865 000 clients en Occitanie, que nous soutenons grâce à des leviers de sobriété, d’efficacité énergétique et d’équipement performant », explique le directeur régional. GRDF, qui anime un portefeuille de plus de 100 sites industriels dans la région, signe ainsi régulièrement des conventions « Transition » visant à accélérer la décarbonation des unités de production, notamment par le biais de la valorisation de la chaleur fatale. De même, le groupe a acté cette année des conventions avec trois bailleurs sociaux : Habitat Social en Occitanie, Habitat Solidarité Sud-Ouest et Hérault Logement. Par ailleurs, côté collectivités, les contrats de concession renouvelés au cours des derniers mois avec Castres, Carcassonne, Narbonne et Hérault Énergies incluent une annexe « Transition énergétique ». Désireux de ne pas opposer les énergies entre elles, Alban Mathé milite sur ce front pour « une approche globale des réseaux du fait de leur complémentarité en vue de minimiser le coût pour les finances publiques et le consommateur ».

©GRDF
Autre levier d’action activé par GRDF : la réduction programmée de 50 % à horizon 2030 de ses propres émissions de gaz à effet de serre. « Nous souhaitons donner l’exemple, assure Alban Mathé. Nos principaux leviers d’action en la matière sont le travail sur notre réseau – en particulier au travers de la lutte contre les dommages aux ouvrages et la recherche systématique de fuites –, mais aussi la maîtrise énergétique de notre parc tertiaire et de notre mobilité. »
Miser sur le gaz vert
Mais pour GRDF, l’action phare consiste à accompagner le développement du gaz vert en soutenant les initiatives portées à la fois par des exploitants agricoles (50 % des sites de méthanisation mis en service en Occitanie à ce jour), les stations d’épuration (25 %) et les sites de valorisation des biodéchets (25 %). « L’Occitanie est un formidable terrain de jeu pour le gaz vert, estime Alban Mathé. Il s’agit de boucles locales très vertueuses puisque, outre le fait que le gaz vert émette presque six fois moins de CO2 que le gaz naturel, ces projets apportent des revenus de long terme pour le monde agricole tout en générant un coproduit, le digestat, qui est un excellent engrais pour les cultures. Sans oublier bien sûr l’aspect souverain en termes d’indépendance énergétique. » À date, le réseau GRDF compte 24 sites de production en Occitanie sur 31 sites tous opérateurs générant 659 GWh par an. Globalement cette année, une vingtaine de nouveaux projets ont été engagés dans le territoire, représentant une capacité de 350 GWh par an, portant le total à 79 projets en cours.











