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Haute-Garonne
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Eau - Environnement / Institutions
| 13/12/2018

Gestion de l’eau : Toulouse Métropole choisit Veolia et Suez

Le conseil de Toulouse Métropole entérine le 13 décembre le choix de deux DSP pour la gestion et l’assainissement de l’eau à l’échelle de la métropole toulousaine (37 communes). Deux options ont longtemps été sur la table – la régie publique et la DSP -, avant que la seconde ne soit finalement choisie le 15 novembre par Jean-Luc Moudenc, maire LR et président de Toulouse Métropole. Deux DSP vont ainsi être confiées (pour 12 ans à partir du 1er mars 2020, montant total estimé : 1,2 Md€) à Veolia pour l’eau et à Suez pour l’assainissement. Pour la majorité, ce choix permet de faire bénéficier aux habitants de la métropole « du tarif de l’eau le plus bas de France », avec 2,91 €/m3 (eau et assainissement). Selon les études réalisées, en régie, ce prix aurait atteint 3,46 €/m3. Les contrats négociés devraient induire des investissements de 24 M€ par an dans les réseaux, contre 12 M€ actuellement.

Mais pour l’opposition, ce choix est biaisé. Pierre Cohen, président du groupe d’opposition Générations, socialisme et écologie (et ancien maire de Toulouse), ironise : « Sur ce sujet, vous avez été exceptionnel, Monsieur Moudenc ! Vous avez fait croire qu’il y aurait un débat. Or, Pierre Trautmann (adjoint au maire de Toulouse en charge de la commande publique, qui a géré le dossier, NDLR), depuis vingt ans, chaque fois qu’il lance les dés, ça retombe toujours sur la DSP. Le débat était faussé. Et aujourdhui, les masques tombent…» Claude Touchefeu, conseillère métropolitaine d’opposition (Générations, socialisme et écologie), acquiesce : « Nous pensons qu’il existe certains domaines dans lesquels la maîtrise publique doit s’exercer à 100 %. L’eau en fait partie. Car ce n’est pas une marchandise comme les autres. Dans les études qui ont été menées, il y avait un biais pro-DSP. Et le jour où nous pensions qu’une véritable comparaison allait avoir lieu, on nous a répondu : circulez, il n’y a plus rien à voir ! Pourtant, des choses à regarder, il y en avait ». De son côté, le groupe d’opposition Métropole Citoyenne, qui avait demandé – en vain – un report du vote, assure que « le prix de l’eau en gestion publique » aurait été « aussi compétitif qu’en délégation privée ». Antoine Maurice, élu au sein de ce groupe, estime que « choisir sans débat approfondi de confier la gestion de l’eau et de l’assainissement à deux grands groupes privés, c’est renoncer pour les douze années à venir à une réelle maîtrise publique, transparente et démocratique de ce bien commun ».

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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