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Languedoc-Roussillon
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Institutions
| 13/04/2010

Georges Frêche défend Manville et Allègre

Le président DVG de la Région, Georges Frêche, a pris publiquement la défense d’Alain Manville, le directeur du CHU récemment suspendu, et de l’ancien ministre Claude Allègre, lors de la deuxième séance du conseil régional, mardi 13 avril. « Qu’un médecin se soit suicidé, c’est déplorable, c’est malheureux. Mais enfin n’en faisons pas un martyr ni un héros. De grâce un peu de dignité », a tancé Georges Frêche, devant les 67 conseillers régionaux. « Il ne faut pas oublier aussi qu’il y a un petit enfant qui a les jambes paralysées », a-t-il ajouté. Le président de la région a pris la défense du directeur de l’hôpital, Alain Manville, suspendu de ses fonctions le 7 avril par la direction générale de l’offre de soins. Georges Frêche s’en est pris à « tous ceux qui tappent sur le directeur maintenant qu’il a été suspendu. Tous ces héros en pacotille, s’ils avaient des choses à dire sur le directeur, ils n’avaient qu’à le dire du temps où il était en poste au lieu de s’acharner sur un homme à terre. Ça ne les grandit pas. De grâce, que ce concours du plus lâche s’arrête. Un peu de dignité pour tout le monde et ça sera très bien. (…) Je voudrais quand même rappeler que le directeur s’en va mais qu’il a remis les finances de l’hôpital en ordre. Il faut lui rendre cet hommage. » Pour l’ancien maire de Montpellier, c’est le député UMP Jacques Domergue qui « a réussi à avoir la peau du directeur de l’hôpital. Ça le met en piste pour les prochaines élections municipales. Mitterrand m’a dit un jour : « Frêche, il faut toujours choisir son adversaire en politique ». Moi, franchement, si c’est pour renforcer Domergue, je suis partant ».

Allègre : « même s’il a tort, il est utile »

Georges Frêche a ensuite volé au secours de l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Claude Allègre, qui n’est pourtant « pas (sa) tasse de thé. Autant vous dire que c’est un type que je n’aime pas beaucoup. Il me sort par les trous de nez. (…) Mais je trouve que 400 scientifiques qui s’unissent pour demander à Mme le ministre : « Madame, gna gna gna, protégez-nous contre le vilain Allègre », c’est ridicule. Moi, j’ai toujours entendu dire que le débat scientifique était libre » Doutant que le CO2 soit responsable à lui seul du réchauffement du climat, le président de la Région a estimé que les climatologues « en ont profité pour multiplier par dix leurs crédits de recherche. Alors qu’ils continuent maintenant qu’ils ont beaucoup d’argent, qu’ils fassent leurs travaux dans leurs laboratoires, et qu’ils nous fassent de bons articles et qu’ils clouent Allègre au pilori. Mais dans la libre confrontation d’intellectuels libres. Le ministre n’a rien à voir dans la climatologie. (…) Allègre, même s’il a tort, il est utile, car il y au moins un mec qui dit non. On dit : « il est tout seul, il ne peut pas avoir raison contre 400 ». Et alors ? Galilée, il avait raison contre 40 000. En matière scientifique, on n’a pas raison ou tort si on est nombreux ou pas nombreux. Une bonne partie des scientifiques sont des suivistes, qui suivent l’opinion dominante. Si demain Allègre avait raison, tout le monde serait pour Allègre. »

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