Filière spatiale : comment la Région et le Cnes veulent faire décoller l'Occitanie
Carole Delga, présidente de la Région, et Philippe Baptiste, PDG du Centre national d’études spatiales (Cnes), signent le 10 septembre à Toulouse une nouvelle convention de partenariat pour 2024-2027. Objectif : poursuivre leur collaboration en vue de conforter le leadership spatial européen du territoire. « Nous visons quatre objectifs prioritaires : accompagner les entreprises régionales vers l’excellence industrielle et faciliter leur accès à de nouveaux marchés, soutenir l’innovation et renforcer les capacités technologiques de la filière, développer les compétences pour relever les défis actuels et préparer l’avenir, mais aussi déployer une communication adaptée au leadership de la région », explique Carole Delga.
Vers un Bourget du spatial à Toulouse en 2026
Un dernier objectif qui devrait s’illustrer, comme l’avait annoncé La Lettre M dès septembre 2023, par l’organisation à Toulouse « à partir de 2026 » d'« un salon d’envergure internationale, en alternance avec le Salon du Bourget », indique l’élue, qui rappelle que l’Occitanie, avec quelque 15 000 salariés gravitant autour du spatial, concentre un tiers des effectifs européens du secteur. « Nous voyons bien l’apport du Salon du Bourget en termes de contractualisation d’affaires, mais aussi de partenariats en innovation et en recherche, argumente Carole Delga. Avec ce futur salon dédié au spatial, l’objectif est de donner une orientation favorable aux investissements étrangers, mais aussi aux collaborations entre les entreprises du territoire et les acteurs internationaux. Avec cet événement, nous voulons inscrire notre région dans l’esprit des grands investisseurs. » Philippe Baptiste acquiesce : « Un salon de ce type constitue un outil de rayonnement international incroyable. Compte tenu du poids économique du secteur spatial à Toulouse et dans la région, il est presque dommage que nous ne l’ayons pas déjà ! »
Un écosystème leader…
Interrogé par La Lettre M sur l’importance de l’écosystème de l’Occitanie, le PDG du Cnes l’assure : « C’est le cœur battant du spatial européen. » Et d’ajouter : « Il y a tout, ici : le monde académique, les laboratoires de recherche, les PME, les ETI, les start-up, les intégrateurs et les grands groupes. Sans oublier le Centre spatial de Toulouse (qui concentre 1 700 salariés du Cnes – soit 70 % de ses effectifs globaux – et quelque 3 000 personnes au total, NDLR), qui contribue à ce succès avec enthousiasme, mais aussi la dynamique remarquable du côté de Montpellier. »
… dans une période ambivalente
Reste que le secteur traverse aujourd’hui une période ambivalente, entre les difficultés rencontrées par les grands groupes – Airbus Defence and Space et Thales Alenia Space en tête – et les espoirs suscités par l’essor du NewSpace, filière spatiale d’initiative privée faisant la part belle aux constellations de satellites de petite taille. « Le contexte est extrêmement mouvant, reconnaît Carole Delga. Le secteur doit s’adapter afin de réduire les cycles de production et les coûts tout en maintenant l’excellence et la fiabilité. Il doit prendre le virage de l’industrialisation. Cette réorganisation, toutes les filières l’ont connue. Nous avions anticipé que les majors créeraient sans doute d’elles-mêmes moins d’emplois, en prévoyant dans notre stratégie budgétaire de multiplier les aides accordées à de nouvelles entreprises. L’objectif étant de retrouver d’ici à la fin du mandat une croissance équivalente en termes de création d’emploi dans le territoire. »
Pour faire face aux enjeux pluriels de la filière spatiale, la Région Occitanie a adopté – aux côtés de l’État, du Cnes et du pôle de compétitivité Aerospace Valley – un plan d’accompagnement dédié doté de 30 M€ sur la période 2023-2027, visant à « répondre à la révolution commerciale, technologique et stratégique » en cours, rappelle Carole Delga.











