Fil infos

Haute-Garonne
|
Aéronautique et spatial
| 30/05/2024

Recrutements, investissements, essor du NewSpace, écosystème toulousain... : Lionel Suchet, DG délégué du Cnes, se livre

Lionel Suchet, directeur général délégué du Centre national d’études spatiales (Cnes)
© Alexandre Léoty

Lionel Suchet, directeur général délégué du Centre national d’études spatiales (Cnes), indique à La Lettre M sa volonté de recruter « entre 150 et 200 personnes par an dans les quatre à cinq prochaines années » à l'occasion du Toulouse Space Festival, organisé au Meett du 23 au 26 mai. Et le dirigeant de préciser : « L'an dernier, nous avons recruté 150 personnes ». Par ailleurs, un plan d'investissement immobilier de « plusieurs dizaines de millions d’euros » est engagé dans les années à venir afin de transformer et de renouveler le Centre spatial de Toulouse, qui concentre actuellement 1 700 salariés du Cnes (soit 70 % de ses effectifs globaux) et quelque 3 000 personnes au total. Interview exclusive.

Le Centre spatial de Toulouse n’est pas le siège du Cnes mais c’est son site principal…
​En effet. Avec environ 1 700 salariés, il concentre plus de 70 % des effectifs globaux du Cnes. Par ailleurs, si l’on ajoute les autres entités présentes dans le campus – les industriels, les représentants de l’Agence spatiale européenne (Esa), mais aussi le Commandement de l’espace et le centre spatial d’excellence de l’Otan –, nous arrivons à environ 3 000 personnes au total.

Combien de recrutements planifiez-vous ?
Au Cnes, nous avons une particularité : les gens restent longtemps. Nous sentons que c’est en train d’évoluer, bien sûr ; certains jeunes font le choix de partir pour aller travailler dans de grands groupes spatiaux, mais aussi parfois dans des PME et des start-up. Mais globalement, il y a ici des carrières longues. Or il y a quarante ans, le Cnes a beaucoup recruté ; par conséquent, nous allons faire face à un certain nombre de départs à la retraite. Nous prévoyons ainsi d’embaucher entre 150 et 200 personnes par an dans les quatre à cinq prochaines années. Ce qui implique de s’engager de façon stratégique dans la transmission de savoir. L’an dernier, nous avons recruté 150 personnes. Et ce sans véritable problème, à l’exception peut-être des profils de pointe dans le numérique, qui demeurent parfois difficiles à trouver.

Quels investissements prévoyez-vous de réaliser pour développer le campus de Toulouse ?
Notre centre toulousain s’étend sur 50 hectares et nous souhaitons qu’il demeure « aéré ». Par conséquent, sans artificialiser les sols, nous prévoyons de faire pousser en hauteur plusieurs bâtiments tout en les rendant plus efficaces d’un point de vue énergétique. Nous déployons un plan d’investissement immobilier de plusieurs dizaines de millions d’euros dans les années à venir.

Quel rôle entendez-vous jouer au sein de l’écosystème spatial d’Occitanie ? Celui de chef d’orchestre ?
Non, ce n’est pas ainsi que nous nous voyons. Je dirais que nous nous positionnons en soutien à l’écosystème. Nous sommes là pour le faire croître, et nous sommes très heureux, d'ailleurs, lorsque des initiatives émergent sans notre intervention. Nous ne revendiquons pas d’avoir la baguette. Nous sommes au service de l’écosystème. Le monde du spatial est actuellement en plein bouillonnement. Il y a beaucoup d’incertitudes mais c’est un moment très riche, très intéressant. Quant au bassin toulousain, il dispose d’une attractivité réelle, qui fait boule de neige. Les start-up qui regardent les endroits où s’implanter en France ont besoin de ces compétences, mais aussi des synergies qui peuvent exister entre les différents types d'acteur.

Vous vous investissez de plus en plus dans le champ du NewSpace, le spatial d’initiative privée
Je dirais que nos missions historiques demeurent et se renforcent, tandis que se développent en effet les sujets liés au NewSpace. Notre fonction première au Cnes est de répondre aux enjeux du Gouvernement en matière de politique spatiale. Nous conservons bien évidemment ce rôle régalien. Et vis-à-vis du spatial « privé », notre rôle est d’aider les acteurs, de challenger les modèles économiques, et ce en allant de l’idéation au financement.

Le marché du spatial est clairement en train d’évoluer
C’est vrai. La concurrence devient de plus en plus féroce. Nous sortons d’un modèle au sein duquel les champions industriels de quelques pays étaient pour ainsi dire seuls en piste. Aujourd’hui, de plus en plus d’acteurs privés et de plus en plus de pays investissent. Cela crée des opportunités, mais aussi des risques. Nos grands groupes (Airbus Defence and Space et Thales Alenia Space, notamment, NDLR) sont soumis à cette concurrence. Dans ce contexte, ils doivent travailler sur leur compétitivité.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie