Exclusif / Yann Barbaux (Aerospace Valley) : « Si nous disparaissions, cela voudrait dire que peu de pôles survivraient ! »
Alors que le pôle de compétitivité qu’il préside, Aerospace Valley (secteur de l'aéronautique, de l'espace et des systèmes embarqués des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, 854 adhérents dont 547 PME, 584 projets labellisés au total), doit rendre sa copie au gouvernement le 19 octobre dans le cadre de l’appel à propositions relatif à l'Ère IV des pôles, Yann Barbaux livre les clés de sa stratégie à La Lettre M, dans une interview exclusive.
Où en êtes-vous de la constitution du dossier que vous allez remettre au gouvernement ?
Il est très avancé, bien entendu. Nous avons eu les détails relatifs à ce qui allait nous être demandé en juillet. Nous avons sollicité nos permanents, ainsi que les membres de nos différents collèges. Le travail de rédaction a duré tout l’été. Avec la contrainte de devoir faire nos propositions sur seulement trente pages. On nous a par ailleurs demandé des lettres de soutiens de nos adhérents. Nous en avons déjà récupéré plusieurs centaines. De même, les grands groupes qui adhèrent au pôle ont été amenés à confirmer qu’ils allaient continuer à mettre du personnel à notre disposition, ce qui représente au total une quinzaine de personnes.
Avec l’Ère 4, qui débute en 2019, il ne pourrait rester au final qu’une vingtaine de pôles de compétitivité, sur les 67 actuels (dont 14 implantés en Occitanie ou associés au territoire, NDLR). Quels arguments mettez-vous en avant pour qu’Aerospace Valley fasse partie des élus ?
Tout d’abord, nos performances. Nous nous situons dans le top 3 des pôles, que ce soit en nombre d’adhérents ou en nombre de projets proposés, labellisés et financés. Nous sommes clairement un pôle important, sur une filière stratégique. Nous sommes le plus important pôle aéronautique de France et le nombre de nos adhérents a augmenté de 23 % entre 2013 et 2018. Nous cochons toutes les cases.
Vous êtes donc confiant quant à la pérennité d’Aerospace Valley ?
Très honnêtement, si nous disparaissions, cela voudrait dire que peu de pôles survivraient !
La labellisation par l’État vous est-elle indispensable ?
En ce qui concerne notre budget de fonctionnement, l’État représente 500 k€ sur une enveloppe totale de 4 M€. Sur les projets, depuis sa création, le pôle a accompagné le financement de projets pour 1,5 Md€, dont 623 M€ venant de la puissance publique. Clairement, il vaut mieux être labellisé que pas. Le pôle pourrait sans doute vivre sans cette labellisation, mais nous allons tout faire pour l’avoir. C’est une question d’image, de cohérence et de légitimité. Ce label, c’est aussi la reconnaissance de la capacité du pôle à fédérer.
Quels sont les axes stratégiques de développement que vous mettez en avant dans votre nouvelle feuille de route ?
Nous souhaitons tout d'abord continuer le renforcement de notre lien avec la filière, y compris avec les deux autres pôles aéronautiques de France, Safe et Astech...
Absorber ces deux pôles serait-il pertinent ?
Non, car les pôles de compétitivité ont une vocation régionale. Un pôle national n’aurait pas de pertinence. Nous devons être présents sur le terrain. Ajouter Paca au territoire que nous couvrons, par exemple, serait une erreur. Cela nous ferait perdre en efficacité. En revanche, nous allons continuer à travailler avec les autres acteurs sous forme d’échanges et de conventionnements.
Vous misez également sur le levier européen…
En effet, cela fait partie de nos grands axes stratégiques. Nous sommes une industrie par nature européenne. Nous devons continuer à aider les PME du territoire à cette échelle, en renforçant notamment nos liens avec l’Allemagne. La question des financements européens est centrale pour les industriels. Nous travaillons déjà sur ces sujets, mais nous pouvons faire encore mieux.










