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Hautes-Pyrénées
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Industrie
| 11/05/2023

Europlasma investit plus de 12 M€ pour accélérer la production de corps d’obus à Tarbes

Jérôme Garnache-Creuillot, PDG d'Europlasma.
© Europlasma

Repreneur des Forges de Tarbes (ex-Tarbes Industry) en 2021, Europlasma prévoit d’investir plus de 12 M€ dans ce site pendant trois ans. Objectif : augmenter sa capacité de production de corps d’obus pour répondre à une demande en forte hausse depuis le début de la guerre en Ukraine. Le point avec Jérôme Garnache-Creuillot, PDG du groupe landais de 180 salariés (9,8 M€ de CA).

Votre groupe vient d’annoncer la signature d’un accord de financement avec le fonds Environmental Performance Financing, pouvant atteindre 15 M€ sur trois ans. Dans quel but ?

L’objectif est de donner à notre filiale Les Forges de Tarbes les moyens financiers nécessaires pour accélérer sa production. Ce site, que nous avons repris à la barre du tribunal de commerce il y a deux ans, est le seul en France à savoir produire des corps creux de gros calibre, utilisés dans la fabrication d’obus de 155 mm, tels que les LU211 ou les M107, pour lesquels la demande est croissante.

Cette nécessaire montée en cadence est-elle directement liée à la guerre en Ukraine ?

En un an de conflit, près d’un million d’obus ont été consommés et l’on table désormais sur un rythme annuel d’1,8 million de pièces. Entre les besoins liés à cette guerre mais aussi ceux des grandes puissances qui veulent reconstituer leurs stocks après trente ans de détente, on estime que la demande en armement a retrouvé son niveau d’avant-chute du mur. Et, pour y répondre, les industriels du secteur sont appelés à accroître leurs capacités de production. C’est ce que nous faisons à Tarbes, où le travail va désormais se faire en 5x8 (2x8 auparavant, NDLR), 24h/24 et 7j/7.

L’effectif des Forges de Tarbes est-il appelé à s’étoffer ?

Nous visons une production de 120 000 pièces par an en 2024 et 160 000 en 2025, contre 40 000 actuellement. Pour atteindre de tels objectifs, nous allons investir au total près de 12,5 M€ en trois ans. Dans des machines d’une part, mais aussi dans des embauches. Idéalement, il faudrait compter au moins une soixantaine de personnes à Tarbes dans deux ans, soit le double d’aujourd’hui (pour un chiffre d’affaires de 886 k€, NDLR). Mais nous avons besoin de profils spécifiques très rares, en particulier celui de forgeron qui a quasiment disparu avec la fermeture des forges dans toute la France. Nous arrivons malgré tout à trouver quelques personnes formées à ces métiers ; sinon, nous les formons petit à petit en interne mais cela peut prendre entre six mois et un an.

Quid du projet de diversification dans le domaine des torches à plasma que votre groupe, expert de la dépollution, envisageait pour les Forges de Tarbes ?

Quand nous avons repris ce site, nous étions particulièrement intéressés par sa forge, que nous pensions mettre à disposition du groupe. Europlasma est en effet propriétaire d’une technologie de torche à plasma qui permet d’éliminer à très haute température des déchets dangereux et ce, de façon décarbonée. En disposant de notre propre forge, nous pouvions nous-mêmes forger les électrodes en cuivre de nos torches à plasma et donc réduire leur coût et améliorer nos délais d’approvisionnement. Mais ce projet a été contrarié, d’une part par la guerre en Ukraine, qui nous a obligés à d’abord sécuriser la fabrication des corps d’obus à Tarbes, et d’autre part par la crise énergétique, qui a remis en question les investissements de nos clients potentiels, naturellement plus préoccupés à court terme par leur survie financière que par la réduction de leurs émissions de CO2. Malgré tout, maintenant que cette crise semble derrière nous, nous sentons de nouveau un intérêt pour cette technologie de la part de grands groupes. Dans le cadre de la réorganisation actuelle du site de Tarbes, l’espace dédié aux torches à plasma va d’ailleurs être simplement déplacé.

Propos recueillis par Aline Gandy / gandy@lalettrem.net
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