ESS : la secrétaire d’État face aux entrepreneurs héraultais
La performance extra-financière et le partage de la valeur ont été au cœur de la visite héraultaise de la secrétaire d’État chargée de l’économie sociale et solidaire le 14 et 15 mars. « D’ici 2025, la performance économique n’ira pas sans responsabilité sociale » a indiqué Olivia Grégoire au cours de l’assemblée générale de la CPME 34. S'exprimant face à un parterre de 300 entrepreneurs, la représentante du gouvernement a encouragé les PME à se saisir de la performance extra-financière : « L’Europe va établir une nouvelle comptabilité. Dans deux ans, les ETI auront une nouvelle obligation de transparence en matière de performance sociale et de gouvernance. Ces règles impliqueront les ETI mais les PME doivent anticiper. »
Un avantage stratégique
Olivia Grégoire est aussi revenue sur l’avantage pris par les petites entreprises ayant préempté une démarche liée à l’économie sociale et solidaire. « Les investisseurs et les acteurs de la banque évalueront l’empreinte extra-financière qui se décline en trois volets : environnemental, social, gouvernance. La performance globale de l'entreprise va s'établir à la fois sur des indicateurs de résultats financiers mais aussi l'empreinte extra financière. » La secrétaire d’État a insisté sur le volontarisme des PME sur la mise en place de démarches liée à l’ESS : « Aujourd’hui la moitié des entreprises à mission sont des PME. Vous avez une avance, à vous de la garder !» La nouvelle réglementation devrait aussi constituer un facteur d’attractivité pour attirer les talents, a rapporté Olivia Grégoire. « C’est un fait et non une mode, les jeunes diplômés sont autant sensibles à la quête de sens qu’à une rémunération attractive. Ce n’était pas le cas il y a 20 ans. »
Un partage de la valeur perfectible
Lors d’un débat organisé dans la préfecture de l’Hérault le 15 mars avec des entrepreneurs, la ministre est aussi revenue sur les mesures liées au partage de la valeur en entreprise, comme l’actionnariat salarié ou la participation. « En 2021, ce sont 2 Md€ qui ont été distribués en plus dans les entreprises. Elle concerne aujourd’hui 80 % des salariés des grandes entreprises et 19 % des TPE-PME » Elle reconnaît cependant qu’il « reste beaucoup à faire pour simplifier les dispositifs. L'État pourrait mieux vous aider sur la ventilation des mesures de participation. » Le responsable du cabinet de conseil montpelliérain Ameliore, Benjamin Chevalier, aussi vice-président de la CPME 34, a évoqué les difficultés des petits entrepreneurs à mettre en place une participation, pour des questions de trésorerie : « mon bénéfice, soit 10 % du CA, est réinvesti dans nos outils de production. »










