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Biotechs - Santé / Industrie
| 24/02/2025

ErgoSanté mise sur l'export et diversifie ses activités

© ErgoSanté

« La réponse à la sinistrose, c’est l’export, explique à La Lettre M Samuel Corgne, président de l’entreprise adaptée gardoise ErgoSanté, qui veut porter de 10 à 20 % la part de son chiffre d'affaires réalisée à l’international en 2025, notamment aux États-Unis et en Europe. » Spécialisée dans le développement de solutions ergonomiques pour les travailleurs handicapés et la prévention des troubles musculo–squelettiques, la PME a bouclé l'exercice 2024 avec un CA de 30 M€ et anticipe une « légère » croissance en 2025. « Nous restons prudents, commente le dirigeant de l'entreprise, qui emploie 300 salariés, dont 150 dans le Gard. Nous ne recruterons pas cette année, après avoir créé 64 emplois en 2024. »

Nouveau métier
La PME a par ailleurs investi plus de 1 M€ dans un site de 1 000 m2 à Anduze, son siège social, destiné à accueillir un nouvel atelier textile d’ameublement. Entreprise adaptée avec 62,5 % de ses salariés reconnus travailleurs handicapés, ErgoSanté a fait le choix d’intégrer de nouvelles activités… « L’atelier textile d’ameublement est un nouveau créneau. Nous avons acquis un métier à tisser pour lequel trois de nos collaborateurs sont partis se former en Italie. La fibre utilisée proviendra du Portugal », précise Samuel Corgne, qui réfléchit déjà à la possibilité d’utiliser à terme une fibre locale, comme la laine ou le chanvre. Nous sommes confrontés à un problème technique dû à la résistance au frottement du tissu pour nos fauteuils. Nous travaillons en parallèle avec le lozérien Atelier Tuffery sur ces questions liées à la fibre naturelle et au filage »

Limiter les risques
« Après un très bon premier semestre 2024, avec une croissance de 35 % du chiffre d'affaires, la dissolution de l'Assemblée nationale a entraîné son lot de conséquences pour notre activité, explique le dirigeant. Les achats publics sont à l'arrêt et certaines administrations, qui continuent à acheter nos produits, ne paient plus. Lissée sur l’année, notre croissance 2024 s'est élevée à 15 %. » Conséquence : la PME est obligée de réviser sa stratégie. « Nous avions calé notre politique d'investissement sur un modèle de croissance à 35 %. Nous avons réalisé des travaux et construit des usines de production et de stockage, portant les capacités de notre outil de production à 3 000 m2 aujourd’hui…, poursuit-il. En 2025, nous allons donc rester prudents jusqu’à la prochaine élection présidentielle. En effet, les risques pris par l’entreprise peuvent vite se payer cash. Pour atténuer le risque, nous allons accélérer sur l’export, notamment avec notre filiale Hapo USA (ex-Worksmart Innovations, siège à Goldsboro, en Caroline du Nord, NDLR), que nous avons rachetée en septembre 2024. Je reste humble sur ce marché, que nous attaquons niche par niche. Nous misons également sur un développement de l'export en Amérique du Sud ou encore en Europe. » À ses yeux, la période actuelle « constitue peut-être un mal pour un bien », qu'il entend mettre à profit pour préparer de nouveaux développements et structurer son entreprise. « Nous allons rester sur notre cœur de métier, à savoir les aménagements de postes de travail pour les personnes handicapées et la production d’exosquelettes, activités désormais rentables. » Souvent qualifiée de « pharmacie de la médecine du travail », le dirigeant d’entreprise conduit son activité avec la même philosophie : « Répondre aux besoins des utilisateurs et réaliser des produits faits pour être vendus. Le but est de remettre l’humain au centre de l’entreprise dans la mesure où cela est rentable. »

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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