Entreprises, foncier... : la Métropole de Montpellier sous Saurel scrutée par la chambre régionale des comptes
« La création nette d’entreprises dans la métropole de Montpellier a augmenté de près de 50 % chaque année entre 2012 et 2018, soit une moyenne de 3 000 nouvelles entreprises par an », commente Valérie Renet, magistrate de la chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie, qui s'appuie sur le dernier rapport de l'institution consacré à Montpellier Méditerranée Métropole. Ce rythme soutenu est dû au dynamisme de l'écosystème des start-up ainsi qu'aux entrepreneurs individuels. La métropole a notamment gagné 800 sociétés industrielles, « en particulier dans le médical, filière d’excellence sur le territoire de Montpellier », note-t-elle, ainsi que 2 000 entreprises dans la construction. « Mais en même temps, le rythme de croissance de la population a été supérieur, d’où l’augmentation du taux de chômage. Il n'y a pas encore le ruissellement espéré par le législateur lors de la création des métropoles », analyse-t-elle.
Manque de foncier
Toujours plus nombreuses, les entreprises manquent néanmoins de foncier et en manqueront encore. Si le parc actuel s'étale sur 1 000 ha, seulement 115 ha ont été identifiés comme disponibles d’ici à 2032 alors que le besoin est estimé à environ 400 ha. « D’autant que la construction de logements liée à la croissance démographique est également forte et consommatrice d’espaces disponibles », pointe l'institution. Chaque mois, la métropole de 457 000 habitants (selon le dernier recensement de 2018) compte 300 nouveaux arrivants. « Jusqu’en 2019, le principal projet d’ampleur était la création du quartier Cambacérès, à l’horizon 2022 avec seulement douze hectares d’espaces économiques, dont 0,8 consacré à la nouvelle halle dédiée à la French Tech », est-il rappelé dans la rapport.
« La décision sur les finances est très déconcentrée »
Orchestrée sous Philippe Saurel, président de la collectivité de 2014 à 2020, la mutualisation des services (communication, gestion, juridique, RH…), « essentiellement entre la Ville centre et la Métropole, souligne la magistrate, n’a pas engendré beaucoup d’économies sur les postes budgétaires ». Et d'ajouter : « L’amélioration de la performance des services doit devenir une priorité, certains présentant des indicateurs dégradés. » Un exemple ? « La décision sur les finances est très déconcentrée. Tous les services sont gestionnaires. Il y a énormément de rejets de mandats une fois qu’ils sont passés. Les délais de paiement ne sont pas bons. Il n'y a pas de suivi des amortissements... » énumère Valérie Renet.
À lire également : le rapport complet de la chambre régionale des comptes.










