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| 11/12/2025

EnerGaïa : face aux incertitudes, les acteurs de la filière des renouvelables tirent la sonnette d'alarme

© Forum EnerGaïa

Le forum dédié aux énergies renouvelables EnerGaïa organisé les 10 et 11 décembre à Montpellier agit comme un catalyseur face aux enjeux de transition énergétique. « Après une hausse de 32 % du nombre de visiteurs, soit 22 000 participants l’an dernier, l’édition 2025 sera comparable, voire supérieure en termes de fréquentation », explique à La Lettre M André Joffre, président de Derbi-Cemater, le pôle de compétitivité de la filière. De fait, l’ambiance oscille entre dynamisme et résilience chez les 550 exposants du salon en raison « des blocages autour de la politique énergétique française, qui vont impacter les entreprises et les emplois », observe le Biterrois Stéphane Bozzarelli, président du producteur indépendant Dev’EnR.

Des craintes face à l’immobilisme de l’État
« J’ai remis une lettre à Carole Delga, présidente de la région Occitanie, lors de l’inauguration d’EnerGaïa pour l’alerter sur la situation actuelle, poursuit le dirigeant, par ailleurs président délégué de Derbi-Cemater, en évoquant son inquiétude concernant l’avenir de la filière régionale, qui représente 640 entreprises et 28 000 emplois en Occitanie. Depuis des mois, le processus de validation de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3 2025-2035, NDLR) est bloqué, poursuit Stéphane Bozzarelli. Elle vise à nous doter d’une énergie compétitive et souveraine, à réduire les importations d’énergie fossile (soit 61 Md€, NDLR) et à donner de la visibilité aux investisseurs. De leur côté, les acteurs du solaire subissent la disparition du tarif d’achat S1 (toits et ombrières < 2 500m 2, NDLR) remplacé par un appel d’offres simplifié avec des volumes divisés par cinq et un prix plafond, l’absence de tarif d’achat pour les petits projets au sol sur les terrains dégradés des collectivités et l’annulation de l’appel d’offres de la CRE (> 500 kWc). Dit autrement, c’est un véritable moratoire sur le photovoltaïque que nous subissons. » Cette situation devrait impacter les entreprises et l’emploi, avec une perte estimée à 25 % des effectifs, selon lui. « Des personnalités politiques d’envergure nationale devraient être présentes lors de ce salon regroupant tout l’écosystème des énergies renouvelables, décrypte un représentant du producteur montpelliérain d'énergies renouvelables Elements. Avec son incroyable niveau de fréquentation, cet événement illustre le dynamisme du secteur malgré ce contexte difficile. Nous écrivons l’histoire dans le bon sens et les solutions de souveraineté énergétiques sont là ! »

Une dynamique sous le sceau de la prudence
EnerGaïa permet surtout aux industriels, entreprises, décideurs et collectivités de se rencontrer et de trouver ensemble des solutions concrètes à leurs problématiques de terrain. Exemple avec l’entreprise catalane Theven Energy, qui a officialisé la vente d’un générateur autonome de production d’énergie solaire auprès d’Enedis. « Cette transaction crédibilise notre solution Ecologene et lui donne de la visibilité, se réjouit Vincent Theven, dirigeant de l’entreprise, lauréate du prix de l’innovation EnerGaïa en 2025, qui prévoit de doubler son chiffre d’affaires en 2026 pour atteindre le million d’euros. Malgré le contexte tendu, François Daumard, président de l’énergéticien montpelliérain Valeco, reste confiant mais prudent. « Nous venons de remporter un appel d’offres pour une centrale photovoltaïque de 60 MW en Haute-Vienne, dont la puissance prévue à terme sera de 118 MW, annonce-t-il à La Lettre M. Le groupe a une certaine visibilité mais il ne faudrait pas que la machine s’enraye. » Même son de cloche pour l’héraultais Arkolia : « En 2025, nous avons installé 740 MW et visons 1 GW en 2026, porté par d’importantes centrales solaire au sol. C’est autant qu’une centrale nucléaire, souligne Jean-Sébastien Bessière, son président, en évoquant une visibilité s’étendant jusqu’en 2028 en termes d’activité. Si nos sources de développement sont liées à l’électrification des usages, l’autoconsommation, les PPA (contrats d’approvisionnement, NDLR), le stockage d’électricité avec les batteries, nous avons besoin d’un cadre règlementaire et de la PPE. »

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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