En baisse d'activité de 22 %, Celso poursuit sa diversification
6,1 M€ : c'est le chiffre d'affaires enregistré en 2020 par la société tarn-et-garonnaise Celso, spécialisée dans la transformation de mousses, qui travaille historiquement à 60 % pour le secteur aéronautique. « Cela représente une baisse d'activité annuelle de 22,5 % », explique à La Lettre M Agnès Timbre, dirigeante de l'entreprise de 50 salariés basée à Bressols. « Nous avons utilisé les leviers du chômage partiel, avons arrêté de recourir à l'intérim et n'avons licencié personne, résume celle qui est également, depuis mi-2020, la présidente de la CCI 82. Nous avons fait des économies en arrêtant de travailler en 3/8, en diminuant les déplacements et en ne participant pas aux traditionnels salons professionnels. Par conséquent, en 2020, si notre chiffre d'affaires a baissé, nous n'avons pas perdu d'argent. » Par ailleurs, Celso a levé 2 M€ en prêts garantis par l'Etat. « Des PGE de confort », précise Agnès Timbre.
Dans le contexte actuel, la dirigeante se félicite d'avoir initié depuis de nombreuses années une diversification sectorielle, dans la santé, les loisirs, mais aussi la puériculture. « C'est un marché qui se développe, constate Agnès Timbre. Nous avons imaginé de nouveaux produits, comme un matelas à langer et un tapis de jeu. Nous continuons à creuser ce sillon. Cette stratégie nous permet de moins souffrir que d'autres sociétés. C'est quelque chose, en revanche, qui ne s'initie pas facilement en temps de crise. Nous avons la chance d'avoir emprunté ce chemin depuis longtemps. »
« Réinventer les modèles »
Sous sa casquette de présidente de la CCI du Tarn-et-Garonne, Agnès Timbre dresse un bilan nuancé de la situation économique dans son territoire. « Certaines entreprises, dans l'agroalimentaire ou l'arboriculture, par exemple, se portent très bien, constate-t-elle. D'autres, qui travaillaient déjà de façon diversifiée avant la crise, s'en sortent bien. Mais dans l'aéronautique, nous constatons que certaines sociétés ont beaucoup plus de mal. Elles se mettent en situation de repli pour affronter le tsunami de la crise. Il va probablement y avoir de la casse. »
Pour la dirigeante, les entreprises doivent se réinventer pour affronter « le monde d'après ». « Les modèles économiques vont devoir évoluer, estime-t-elle. Le ciel va se dégager, mais en attendant, il faut profiter de cette période pour se recentrer et réfléchir aux bonnes façons de rebondir. Je suis confiante, car la nature humaine est résiliente. »










